Primée au salon CES de Las Vegas pour son app 3S  Homecare qui permet de mieux organiser le maitien à domicile des personnes  âgées, la start-up tournaisienne a aussi participé à la Mission princière au  Maroc en décembre dernier.

Intersysto, une start-up récemment affiliée à Agoria, développe depuis 2006  des logiciels de gestion pour les maisons de repos. Suite à sa participation,  avec Agoria et le Healthcare Technology Club, à une mission  économique au Maroc nous avons voulu le rencontrer.

La solution d'Intersysto est déjà présente dans 150 établissements - ce qui  représente environ 14.000 chambres - essentiellement en Belgique et en France.  Elle permet au directeur ou à la directrice d'une maison de repos d'avoir à tout  moment une vue globale de ce qui se passe dans son établissement.

Dominique DUHAYON, CEO

" Une maison de repos de 100 lits, c'est environ  80 équivalents temps-plein. Gérer une telle  entreprise exige des outils de management et de contrôle performants. "

À la fois outil de gestion et de traçabilité des soins, le logiciel développé  par Intersysto permet par exemple de régler les problèmes d'inspections puisque  l'on enregistre systématiquement " qui a fait quoi, à quelle heure et pour  quel patient " grâce à un écran tactile placé dans chaque chambre et relié  au logiciel de prestation de soins de la maison de repos.

L'hôpital à la maison ou l'hôpital "virtuel"

Ces dernières années, Intersysto était sous contrat exclusif avec Honeywell,  ce qui a permis à la start-up de distribuer son logiciel dans d'autres régions  du monde.  " Mais nous avons vocation à être une PME et une solution  comme la nôtre a besoin de s'adapter en permanence, d'être agile,... Durant  les 3 ans qu'a duré le contrat, l'innovation sur ce produit a été  ralentie. " Ceci dit, je ne crache absolument pas dans la soupe, la  collaboration a était très intéressante, précise Dominique. D'autant que cette  période nous a permis de développer en parallèle une deuxième solution, 3S  Homecare, qui est en fait la continuité de ce qui se passe dans la maison de  repos ou à l'hôpital. "

Dominique DUHAYON, CEO

"Même si on se mettait à construire des maisons  de repos tous les jours, la courbe de vieillissement actuelle est telle qu'il  n'y aura jamais assez de places pour tout le monde."

Dominique Duhayon en est convaincu:"Offrir aux gens la  possibilité de rester chez eux dans des conditions optimales de bien être et de  sécurité est non seulement une nécessité financière et démographique, mais cela  répond aussi à un désir de plus en plus grand des familles."C'est là  qu'interviennent les solutions digitales".

Il existe aujourd'hui près de 30000 apps d'e-santé... Mais aucune ne parle à l'autre!

Autre constat: lorsqu'une personne âgée ou convalescente est à son  domicile il y a peu ou pas de communication entre les différents  intervenants : aide familiale, infirmière, kiné,... et bien entendu la  personne elle-même et ses proches. Chacun a une vision et une information sur la  l'état du patient qui peut être importante pour les autres. L'idée est d'avoir  une vue transversale, et de partager l'information. Il existe une multitude  d'apps qui font une multitude de choses, mais l'accompagnement à domicile ne  peut se faire que s'il y a une coordination et une vue globale.

L'objectif est de coordonner ce qui se passe à domicile

Prenons l'exemple de Jean, octogénaire souffrant de broncho-pneumopathie  chronique. Sa fille lui rend visite un matin et le trouve affaibli. Le même  jour, le livreur de repas observe qu'il n'a pas pas touché à son assiette. Un  peu plus tard dans la journée l'aide familiale note que son discours est  incohérent. Si chacun enregistre ces informations de son côté, cela ne sert pas  à grand-chose. Si au contraire toutes ces observations convergeantes sont  partagées, alors cela peut constituer une alerte et des mesures peuvent être  prises pour éviter que l'état de Jean se déteriore et mène à une hospitalisation  en urgence

Puisque cette mission de coordination revient aux mutuelles, aux hôpitaux ou  aux centres médicaux, c'est à eux qu'Intersysto propose sa solution, et pas  directement à l'utilisateur final. Intersysto travaille déjà avec les trois  mutuelles belges et vient de signer un contrat pour équiper 40.000 personnes en  Wallonie. Cela va permettre d'atteindre le volume nécessaire pour démontrer la  valeur de cette app d'e-santé et d'arriver à ce qu'elle puisse rentrer dans le  processus de remboursement de l'Inami.

Depuis octobre 2018, les développeurs peuvent faire enregistrer leurs   applications d'e-santé auprès de Mobile   Health Belgium, une initiative de la ministre De Block soutenue par   l'INAMI, le SPF Santé publique, l'AFMPS, la plateforme eHealth et les   fédérations sectorielles, Agoria et beMedTech. Ces applications sont ensuite   évaluées afin de déterminer si elles répondent aux conditions requises sur le   plan de la qualité, de la sécurité et de l'efficacité. Ce processus est donc   en cours pour l'application d'Intersysto. 

Plateforme d'échange d'information en temps réel, 3S Homecare ne vise pas à  remplacer les logiciels métiers des différents acteurs mais fonctionne plutôt  comme un 'hub' qui fait le lien entre tous. Elle est donc reliée au centre de  coordination (mutuelle ou centre médical), à l'hôpital, au centre  télésurveillance... Le médecin généraliste également y accède via le réseau  santé. On pourrait même imaginer d'y connecter d'autres app d'e-santé : le  but étant de fonctionner au sein de l'écosystème de santé et de permettre  d'intégrer au maximum les différentes sources d'informations et les différents  acteurs, dans l'intérêt du patient.

La Belgique, formidable terrain de jeu pour les apps d'e-santé

Au coeur de cet écosystème il y a les réseaux santé (Réseau santé wallon en  Wallonie ou Abrumet à Bruxelles) qui collectent et garantissent le partage  sécurisé des données de santé de chacun (résultats d'examens, rapports médicaux,  courriers, etc.) entre les différents prestataires de soins. Sans ce réseau, et  pour les notions de Santé, une application comme 3S Homecare serait nettement  plus compliquée à mettre en place.  

" L'application est technologiquement au point, " explique  Dominique Duhayon. " Son développement a exigé un mode de travail  extrêmement agile, nous avons travaillé avec des itérations très courtes et en  étroite collaboration avec les partenaires de santé. Par contre, établir les  multiples contacts nécessaires pour la mettre en place et coordonner le projet  avec tous les acteurs - mutuelles, ministère de la santé, réseaux de  santé... - est un travail de longue haleine. Si on réussit à la déployer dans un  pays aussi complexe que la Belgique, on réussira partout  ailleurs ! "

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