L’Uruguay parmi les  bons élèves de l’Amérique latine

L’Uruguay est un îlot de stabilité dans la région, propice aux affaires. En tête de quasiment tous les classements régionaux relatifs au développement et à la transparence, l’Uruguay dispose d’une sécurité juridique attractive pour n’importe quel opérateur économique. Le pays offre non seulement un accès à son propre marché, mais constitue également une porte d’entrée pour l’ensemble des pays du Mercosur, et même bien au-delà grâce à ses zones de libre-échange. L´Uruguay a atteint le revenu par habitant le plus élevé de la région et maintenu le meilleur revenu distribué, avec le plus faible niveau d’inégalité et de pauvreté en Amérique latine. Moins de 10% de la population vit sous le seuil de pauvreté et 60% appartient à la classe moyenne. Les coûts salariaux sont d’ailleurs relativement élevés.  La structure de l’économie uruguayenne est composée de services (64% du PIB), industrie (29%) et agriculture (7%); les produits agro-alimentaires représentent 75% des exportations. L’industrie est dominée par le secteur agroalimentaire et de la cellulose. L’Uruguay est une économie relativement ouverte qui a mieux résisté à la conjoncture économique que ses voisins argentin et brésilien (4,4% de croissance moyenne sur une base annuelle pour la période 2006-16).

Situation économique

La croissance restera faible en 2019 en raison de la récession affectant l'Argentine voisine et du manque de confiance liée au contexte d’efforts d'ajustement budgétaire et de l'incertitude électorale. La croissance du PIB a été de 0,6 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2019, soit la plus faible depuis le premier trimestre 2016. Nous prévoyons une reprise de l'économie à partir de 2020, dans l'hypothèse d'un retour à la croissance en Argentine et des efforts déployés par le nouveau gouvernement uruguayen pour améliorer l'environnement des entreprises, notamment par des réformes du marché du travail. La confiance des consommateurs, mesurée par l'indice de confiance produit par l'Universidad Católica d’Uruguay, a légèrement rebondi. Nous estimons la croissance du PIB à 1,5 % en 2019 et prévoyons qu'elle atteindra 2,4 % en 2020. Par la suite, elle s'établira en moyenne à 2,8 % par an, soutenue par un investissement de 2,4 milliards USD (4 % du PIB prévu en 2020) dans des installations de papeterie et les infrastructures connexes réalisées par UPM, une société papetière finlandaise.

Les exportations de services (principalement le tourisme) se porteront moins bien jusqu'à ce que la reprise en Argentine se concrétise. Les perspectives à moyen terme pour les investissements fixes seront soutenues par de grands projets d'investissements étrangers et par des investissements public-privé dans les infrastructures, en particulier dans les secteurs des énergies renouvelables,  ferroviaires et portuaires.

La croissance de la consommation privée, qui a souffert en 2018, sera en moyenne de 3% en 2019-2023, soutenue par une progression des salaires réels et un léger recul du chômage, même si celui-ci restera bien en deçà du taux annuel moyen de 6,5 % enregistré en 2005-2010. Du côté de l'offre, la croissance de l'agriculture - bien que vulnérable aux aléas climatiques - sera soutenue par la demande extérieure. L'industrie manufacturière uruguayenne souffrira jusqu'à ce que la reprise économique en Argentine et au Brésil se renforce à moyen terme. En outre, nous ne pensons pas que l'évolution des taux de change réels bilatéraux avec ces pays sera particulièrement bénéfique pour la compétitivité de l'Uruguay.

Nos prévisions comportent des risques à la baisse. Sur le plan externe, les recouvrements plus faibles que prévus en Argentine et au Brésil sont la principale préoccupation. L'essoufflement de la croissance chinoise aurait pour effet de freiner les prix des produits de base. Sur le plan intérieur, la principale menace qui pèse sur les perspectives est une flambée de l'inflation, ce qui déclencherait un resserrement de la politique monétaire et nuirait à la croissance économique. Nous supposons que l'assainissement budgétaire entrepris sous M. Vázquez (et le prochain gouvernement) entraînera une stagnation de la croissance des dépenses publiques et réduira le risque d'une inflation élevée à long terme.

La Banque centrale d’Uruguay contribuera à maintenir l'inflation autour de la limite supérieure de la fourchette de 3 à 7 %  Une monnaie plus faible a exercé des pressions sur les prix et l'inflation qui a été de 8,2 % en avril 2019. À partir de là, nous nous attendons à ce que l'inflation recule juste en-dessous de 7 % d'ici 2023. Des facteurs structurels - tels qu'un niveau élevé d'indexation des salaires - empêcheront une chute rapide de l'inflation. Des périodes de la dépréciation de la monnaie pourraient faire grimper temporairement l'inflation au-dessus des prévisions d’EIU.

Relativement stables, les termes de l'échange ne réduiront que légèrement l'excédent commercial, contribuant à un léger déficit de la balance courante de 1,5 % du PIB en moyenne entre 2019 et 2023. Les exportations de services ne seront pas aussi dynamiques que les années précédentes, car le taux de change réel restera apprécié en termes historiques, et la demande timide de l'Argentine et du Brésil freineront le tourisme. Il en résultera un solde des services d'un excédent moyen de 2,6 % du PIB en 2019-2023.  Les entrées d'investissements directs étrangers, en particulier après 2020 avec l'avancement du projet de papeterie d'UPM (Finlande) et les emprunts extérieurs en 2019-2023 financeront non seulement le déficit du compte courant et le remboursement de la dette, mais permettront également d'augmenter les réserves de manière modérée.

Source : Country Report 2nd Quarter 2019 www.eiu.com © Economist Intelligence – traduction libre de l’AWEX

Exportations 2018

Les exportations 2018 uruguayennes de biens, y compris ceux provenant des zones franches, ont enregistré une légère augmentation de 0,4% en 2018 pour atteindre les 9 088 millions d´USD. La mauvaise récolte de soja due à la sécheresse est ce qui explique la stagnation des exportations en 2018. Si on exclut le soja, les exportations de biens auraient augmenté de près de 9%.   

Principaux produits exportés : 
Les exportations de pâte à papier, de bois, de bœuf, de produits laitiers et de véhicules ont été les plus importantes avec un impact positif sur la croissance en 2018, tandis que les ventes de soja et de riz ont enregistré des baisses.
- Cellulose : en 2018, pour la première fois, la cellulose s´est positionnée comme principal produit exporté du pays, surpassant la viande et le soja, avec des ventes qui ont atteint les 1 660 million de dollars US, une augmentation de 25% par rapport à 2017.
Principales destinations : l'Union Européenne avec une participation de près de 50% sur lemontant exporté, suivie par la Chine et les États-Unis avec 35% et 9% respectivement. 

-Viande bovine : les exportations de viande bovine ont atteint les 1,629 million d´USD en 2018, enregistrant une croissance de 8% par rapport à l'année précédente.
Principaux clients : la Chine est encore la destination principale de la viande (45%), suivie par l´Union Européenne (22%). 

- Produits laitiers : les ventes de produits laitiers ont atteint 682 millions d´USD en 2018, une croissance de 16% par rapport à 2017. Le lait en poudre est le produit le plus exporté avec un total de 68% sur les ventes totales du secteur.  L’Algérie a enregistré une augmentation significative avec une augmentation de 79% par rapport à 2017, se plaçant comme principale destination (31%) suivie du Brésil avec 20%. 
-Soja : les exportations de soja ont totalisé 526 millions d´USD, affichant une baisse de 56% par rapport à 2017. C´est le résultant de l´une des pires sécheresses et mauvaises récoltes de l´histoire du pays. 
-Riz : avec des montants de 398 millions d´USD, les exportations de riz ont baissé de 11% par rapport à 2017. 
Principales destinations :
La Chine a été le principal partenaire commercial en 2018, représentant 26% des exportations avec des montants exportés de 2 328 millions d´USD.  Viennent ensuite l’Union européenne avec une participation de 18% et 1 676 millions d´USD exportés en 2018 (avec une croissance de 16% par rapport à 2017), suivent le Brésil (12%), les États-Unis (7%), l´Argentine (5%) et le Mexique (4%). 
Cette augmentation des ventes vers l´UE s'explique principalement par la croissance des exportations de cellulose (49%) et l´augmentation des ventes de bois et de laine. Au niveau des principales destinations en UE se trouvent les Pays-Bas, l’Italie et l’Allemagne. Il convient souligner que les Pays-Bas fonctionnent comme un point d´entrée pour une grande partie des exportations Uruguayennes qui sont ensuite redistribuées au sein du marché européen.
Selon les projections officielles, les exportations uruguayennes de biens augmenteront à des niveaux proches de 4% en 2019. Cette croissance sera soutenue par la reprise des exportations agro-industrielles, en particulier ceux des produits agricoles qui ont le plus chuté en 2018.

Importations 2018

Les importations de biens - sans compter le pétrole et les dérivés - ont atteint 7 635 millions de d´USD, ce qui présente une augmentation de 3% par rapport à  2017. Les principaux produits importés étaient les véhicules, vêtements, plastiques, téléphones et substances chimiques. 

Principaux produits importés : 

- Véhicules : ont été la principale importation du pays, atteignant un montant de 571 millions d´USD, ce qui implique une diminution de 19% par rapport à 2017. 62% du montant importé correspond à des voitures, 30% à des véhicules pour le transport de marchandises et 8% aux tracteurs. 
-Vêtements et de chaussures : sont restés stables et classés deuxièmes avec un montant de 463 millions d´USD. Les principaux fournisseurs ont été la Chine avec 56% des montants importés, suivis du Brésil avec 12%.
-Plastique : ce secteur a dépassé les 388 millions en 2018, connaissant une augmentation de 3% par rapport à 2017. Ces achats ont une forte origine régionale, atteignant un 49% des achats en partance du Brésil, l'Argentine et le Chili. 
-Téléphones cellulaires : quatrième produit importés en 2018 pour un montant de 305 millions de d´USD avec la Chine et les États-Unis comme principaux fournisseurs.
- Produits chimiques et produits pharmaceutiques : cinquième et sixième place dans les importations 2018 avec des quantités de 279 millions d´USD et 271 millions USD respectivement.
-Pièces automobiles : ont atteint des montants de 241 millions d´USD, enregistrant une augmentation de 15% par rapport à 2017. Cette augmentation est liée à l´incorporation de nouvelles lignes de production d´assemblage de voitures par des entreprises du secteur automobile dont les principales destinations d´exportation sont le Brésil et l’Argentine. 

Origine des importations 2018 : 

La Chine a été le premier fournisseur de l´Uruguay avec une participation de 22% du total. Le Brésil suit de près avec une participation de 21%. Les achats de véhicules sont ceux qui ont montré le plus grand impact positif avec des montants atteignant 292 millions d´USD. 
L'Argentine s'est classée troisième avec une participation de 14%. Les achats du pays voisin ont connu une augmentation de 4%. Pendant ce temps, les États-Unis occupaient la quatrième place avec une part de 7%. L’Allemagne est la cinquième origine des importations uruguayennes dépassant le Mexique, l'Inde, Espagne et Italie. 
Les importations provenant de l’Inde ont augmenté de 25% en raison d’incidence des intrants pour la construction de la ligne à haute tension entre Melo et Tacuarembó. La quantité importée d'Italie a également connu une augmentation (13%). En revanche, celles de l'Espagne ont diminué de 16%. La France est à la dixième place du top 10 avec une augmentation de 43% du montant importé de ce pays. C'est dû à la grande augmentation des importations de pièces et accessoires de véhicules automobiles qui ont triplé.

01/2019

 

Traité de libre-échange UE-MERCOSUR : accord politique conclu

Après plus de 20 ans de négociations, interrompues à plusieurs reprises, l’Union européenne et le MERCOSUR (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay,) sont finalement tombés d’accord pour signer un Traité de libre-échange qui supprimera dès son entrée en vigueur, après validation par les autorités européennes et leurs partenaires sud-américains, plus de 90 % des droits de douanes. Un avantage de taille pour les entreprises européennes dans la mesure où ces taxes à l’importation en Amérique du Sud figuraient parmi les plus élevées au monde. L’accord prévoit également une simplification des procédures de certification et un accès facilité aux adjudications publiques. C’est donc un marché de plus de 260 millions de consommateurs représentant plus de la moitié du PIB de l’Amérique latine qui s’ouvre ainsi aux exportateurs européens. Les premiers bénéficiaires devraient être les PME de tous secteurs commercialisant des produits de niche et qui jusqu’ici rechignaient à s’attaquer à ce vaste marché en raison des barrières commerciales.

En savoir +

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie

1. Exportations de la Wallonie à destination de l’Uruguay (2018)
L’Uruguay occupe le 106ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie ; son poids dans le total des exportations wallonnes s’élevant à 0,01 %. La part de la Wallonie dans les exportations de la Belgique vers ce pays est de 10,4%. Parmi les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, l’Uruguay est le 12ième client de la Wallonie derrière le Brésil (1er), le Mexique (2ième), la Colombie (3ième), le Chili (4ième), l’Argentine (5ième), l’Equateur (6ième), le Pérou (7ième), Cuba (8ième) et le Panama (10ième) et le Costa Rica (11ième). 

En 2018, les exportations wallonnes vers l’Uruguay se sont élevées à 4,98 millions d’euros, ce qui représente une hausse de 16,8% par rapport à 2017.

 

Variation
2015/2014 : -33,8%
2016/2015 : +14,9%
2017/2016 : -15,6%
2018/2017 : +16,8%

 

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