Situation économique actuelle

Au cours des troisième et quatrième trimestre de 2018, la croissance économique turque s’est tassée de 1,8 % et 3 % respectivement par rapport à la même période de l’année précédente. Le pays est frappé donc par une récession technique. Au cours de la dernière décennie, la croissance a avoisiné les 4 % en moyenne. Elle a été marquée par la forte volatilité avec des fluctuations entre - 4,7 % et + 9,2 %.  En 2016 et 2017, en dépit de la détérioration du contexte économique, le pays est parvenu grâce à des mesures de relance du gouvernement à une croissance de 2,9 % et 7,4 % respectivement. Elle a dépassé toutes les attentes et a été générée principalement par la consommation intérieure.

Les incertitudes liées à la politique interne pèsent sur le développement économique et les investissements.

En 2017, le secteur du tourisme a pu rattraper partiellement la forte chute de l’année précédente. Alors que le nombre de visiteurs a augmenté presque au niveau de 2016, les revenus du tourisme étaient encore considérablement au-dessous du niveau des années précédentes. La tendance positive en matière du nombre de visiteurs s’est poursuivie en 2018.

Le déficit courant turc demeure important malgré une diminution en 2018 à 4,8 % du PIB (5,5 % en 2017). Afin de compenser ce déficit, la Turquie dépend dans une large mesure des apports de capitaux étrangers, ce qui renforce sa vulnérabilité face aux turbulences sur les marchés financiers. Le gouvernement turc compte y remédier à travers une série de mesures visant à réduire le déficit courant élevé.

Les échanges avec les États membres de l’UE représentent presque 40 % du commerce extérieur de la Turquie. Le déficit de la balance commerciale a diminué en 2018 grâce à la baisse des prix d’énergie et des coûts d’importation plus bas suite au ralentissement de l’activité économique à 55,02 milliards USD (76 milliards USD en 2017). La principale cause du déséquilibre dans le commerce extérieur reste la grande dépendance vis-à-vis des importations d’énergie, des matières premières et des intrants pour la production industrielle. Ainsi, la croissance de la production industrielle entraîne automatiquement une augmentation des importations.

La dépréciation de la livre turque s’est pour l’heure arrêtée. Cependant, les mouvements volatiles récurrents montrent la vulnérabilité du cours face aux évolutions politiques et économiques. En mars 2019, la livre turque a enregistré une baisse annuelle de 27,5 % par rapport à l’euro. La chute de la valeur de la monnaie nationale alimente l’inflation, qui a atteint en octobre 2018 la barre des 25 %, soit son plus haut niveau depuis 2003 (février 2019 : 19,7 %) en dépassant ainsi l’objectif à long terme de la Banque centrale (5 %). Le très faible taux d’épargne (14 % du PIB en 2018), accompagné de surendettement d’un nombre croissant de ménages et d’entreprises soulève également des préoccupations.

Chômage, emploi et revenu salarial

Le taux de chômage élevé (env. 14,7 % en janvier 2019) constitue un problème majeur. Chaque année, plus d’un demi-million de jeunes demandeurs d’emploi arrivent sur le marché du travail qui ne peut absorber ce flux. Le chômage des jeunes entre 15 et 24 ans est passé de 24,5 % en 2018 à 26,7 % en janvier 2019. On note également un grand écart économique entre les zones rurales défavorisées (par exemple, l’est et le sud-est) et les métropoles économiquement prospères. La recherche d’une meilleure vie et d’un travail induit un exode rural croissant depuis plus d’une décennie.

L'importance de l'économie souterraine et la faible participation des femmes sur le marché du travail (environ 34 %) représentent des défis à relever pour la Turquie. La majorité de la population occupée dans l’industrie, l’agriculture et l’artisanat perçoit un « salaire minimum » officiel qui était fixé à 2 020 livres turques (335 euros) par mois brut en janvier 2019. L’évolution du revenu réel n’a pas suivi le rythme du développement économique,  touchant les tranches de population les plus vulnérables.

Structure économique

L'industrie, légère et lourde (textile, automobile, chimie, véhicules, électrotechnique et électronique), se concentre surtout dans l’ouest de la Turquie et contribue à un quart du PIB. Le secteur des services représente la plus grande part du PIB total (environ 60 %) et cette tendance se renforce. Selon la Banque mondiale, l’agriculture emploie 20 % de la population active et représente environ 6 % du PIB. Dans la partie est et sud-est du pays, où l’infrastructure reste moins développée, on pratique surtout l’agriculture de semi-subsistance.

Dans le sud-est, d’importants efforts de développement ont été entrepris depuis les années 1980 (projet GAP avec la construction des barrages, centrales électriques, électrification, systèmes d’irrigation, construction de routes, télécommunications), ce qui a légèrement réduit l’écart est-ouest.

La Turquie poursuit des objectifs ambitieux en matière de l’énergie renouvelable, à savoir augmenter sa production d’énergie solaire et éolienne de 2 gigawatts. Disposant du deuxième plus grand potentiel solaire en Europe après l’Espagne, la Turquie vise à produire 50 % de son électricité à partir des sources propres d’ici 2023. En outre, grâce à l’expansion de l’infrastructure de pipelines, elle aspire à devenir la plaque tournante pour les livraisons du gaz  provenant de la Russie, du Moyen-Orient et de la région de la mer Caspienne vers l’Europe.

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