Conjoncture économique

Avec son territoire de 17 millions de km², une population de 141 millions d’habitants et un Produit Intérieur brut de quelque 1457 milliards $ en 2011, la Russie fait actuellement partie des 10 premières puissances économiques mondiales, devançant notamment l’Espagne, l’Inde ou encore l’Australie.

 

 
Le Russie postsoviétique a connu une première crise économique et financière en  1998, notamment en raison de la baisse des cours du pétrole, principale exportation du pays, et du ralentissement des investissements dans les marchés émergents suite à la crise asiatique et à la perte de confiance engendrée chez les investisseurs.

Le rouble a alors connu une forte dévaluation (- 45 % en 1998-99) accompagnée d’une inflation galopante (+ 85 % en 1998).

Cette crise a cependant été bénéfique pour l’économie russe : la faiblesse du rouble a donné aux exportations du pays un avantage compétitif, l’Etat a dû améliorer le contrôle de ses dépenses et la gestion de ses impôts, et a créé un Fond de stabilisation en vue de compenser la baisse de ses revenus en cas de crise pétrolière.  Elle a également engendré un ambitieux programme de réformes, adopté en 2000 touchant au régime douanier, à la fiscalité à l'accès à la propriété, lutte contre la bureaucratie.

 

Ces réformes ont favorisé le développement économique du pays, et l'économie russe a ensuite connu durant près de 10 ans, et jusqu’à la crise économique de 2008 et 2009, une croissance spectaculaire, avec des taux de croissance annuelle du PIB de l’ordre de 6 à 8 %, dépassant ainsi la progression des autres pays d’Europe centrale et de l’Est, ainsi que la croissance moyenne mondiale. La richesse par habitant est ainsi passée de 10 000 à 16 000 $ entre 2004 et 2008[1].

 

Cette croissance s’est appuyée principalement sur :

 

-  le prix élevé et le boom des exportations de pétrole et de gaz, l’énergie représentant traditionnellement entre 60 % et 70 % des exportations du pays ;

-  une consommation soutenue des ménages, avec une progression moyenne de 11-13 %, an sur an – reposant notamment sur la croissance de leurs revenus disponibles et le crédit.  ;

-  sur des investissements importants (+10 à 20 % /an), notamment industriels  dans le secteur de l’extraction mais également dans les infrastructures, et le secteur du logement.

 


[1] Notons toutefois que pondéré par habitant, le revenu intérieur brut du pays reste encore largement inférieur à celui des moteurs de l’europe centrale que sont la Slovénie, la République Tchèque et la Slovaquie, la Pologne et Hongrie ou encore les Etats baltes.

 

 

2008-2010 L'impact de la crise mondiale et mesures du gouvernement 

Après 10 ans d’une conjoncture très favorable, la crise financière et économique mondiale est venue  durement frapper l’économie russe, marquée par :

-  la chute des marchés boursiers ;

-  une consommation privée en baisse ;

-  une chute libre des investissements faute de capitaux en raison du credit crunch mondial et de l’accès aux marchés internationaux de capitaux limité pour les banques et sociétés russes.  Or la situation bancaire était déjà trop peu structurée pour pouvoir faire face aux besoins de financement du secteur industriel.  Beaucoup d’entreprises importantes en Russie faisaient appel au marché international pour financer leurs investissements ;

-  des exportations en baisse et un déficit important du budget de l’Etat suite à la baisse des prix énergétiques sur le marché mondial;

-  une importante dévaluation du rouble.

Grâce aux réserves importantes constituées lors des années de croissance, le gouvernement russe disposait des finances pour réagir avec force afin de soutenir l’économie. L’effet positif de ses mesures étant évident au regard de la rapidité de la reprise en Russie, le gouvernement a dès lors réduit progressivement son soutien durant l’année 2010.

 

Le tissu économique russe  

 

Agriculture/foresterie, etc. :       7.17 % en 2000               4.5 % en 2011

Industrie :                                32.84 %  en 2000            36.9 % en 2011

Services :                                 60 % en 2000                 58.6 % en 2011.

Le secteur tertiaire s’y est donc quelque peu développé ces dernières années.

Héritage de la planification économique soviétique, l’économie russe est principalement concentrée sur quelques secteurs clés : la production d’énergie et la métallurgie représentent plus de 35 % de sa production industrielle  La production de produits high-tech et de biens de consommation, de même que l’industrie légère ne représentent qu’une petite partie de sa production.

 

Agriculture

Avec son climat présentant des hivers rudes sur la majorité du territoire, la Russie ne dispose pas des meilleures conditions météorologiques pour développer son agriculture. De ce fait, seul 12,6% du son territoire et 9,6% de ses travailleurs sont employés à des fins de production agricole.

La productivité agricole souffre d’une infrastructure insuffisante et de moyens de transport inadaptés. L’usage d’engrais est peu répandu, et les investissements en machines récentes manquent cruellement (plus de 60% des machines agricoles russes sont obsolètes et devraient être remplacées).

Les « terres noires », constituant la moitié des terres cultivées, s’étendent du lac Baîkal à la frontière russo-ukrainienne, mais le manque d’investissement empêche de tirer un meilleur parti de ces terres pourtant considérées les plus fertiles du monde.

Le gouvernement se dit déterminé à relancer l’agriculture et à atteindre l’autosuffisance  dans le domaine agricole. Dans l’effort de modernisation que cette politique impliquera, les entreprises belges pourront saisir de nombreuses opportunités.

 

Industrie

La majorité de l’industrie russe est active dans le domaine de l’extraction et de l’exploitation de ressources naturelles. Des 9.334,2 milliards RUB que représentait l’industrie en 2009, 27 % sont générés par l’industrie de l’extraction et l’exploitation de matières énergétiques et 3 % proviennent de l’extraction de matières premières hors énergie. Le raffinage des produits du pétrole représente quant à lui 8 % de l’activité industrielle russe, tandis que sur le premier trimestre 2010, l’extraction de matières premières comptait pour 11 % du produit intérieur brut du pays.

Parmi les autres industries prépondérantes, on retrouve l’industrie agro-alimentaire (10 %), la fabrication de produits du métal (8 %), l’industrie chimique (5 %), les machines et biens d’équipement (4 %) et les véhicules de transport (4 %). Le secteur de l’industrie est dominé par des entreprises de grande taille, héritage des années de planification soviétique. La proportion de PME dans l’économie russe est de l’ordre de 15 %.

De manière générale, le parc industriel russe est obsolète. Les machines utilisées sont moins performantes que leurs équivalentes occidentales, et la production industrielle russe est souvent moins compétitive que la production importée. C’est particulièrement le cas des produits à haute composante technologique, tels que les produits chimiques ou pharmaceutiques ainsi que les matériaux de construction, où les acheteurs préfèrent les produits importés aux produits locaux souvent plus chers et moins performants.

La dépendance extrême de l’industrie russe vis-à-vis du secteur des matières premières s’est révélée être une faiblesse lors de la crise financière et a poussé le gouvernement à mettre en place un grand programme de diversification de l’industrie. Le parc technologique de Skolkovo dans la région de Moscou en est la figure de proue. Conçu en ayant pour modèle la Sillicon Valley aux Etats-Unis, le projet se veut une étape majeure dans la voie vers la transformation de l’économie russe en une économie de la connaissance et de l’innovation.

 

Services

Malgré un développement rapide durant les années 2000 afin de satisfaire les besoins d’investissement découlant de la croissance soutenue ainsi que l’augmentation des dépôts bancaires suite à la hausse des revenus réels des ménages, le secteur bancaire russe reste moins développé que ses concurrents internationaux.

La finance russe se caractérise par la présence de grands groupes détenant la majorité des actifs bancaires alors qu’une multitude de petits établissements se partagent les parts de marché restantes. Toutefois, le nombre d’organisations de crédit enregistrées à la Banque de Russie tend à diminuer ces dernières années (passant de 2.481 en 1999 à 1.178 en 2010), et la crise aidant, le nombre de banques inefficientes devrait se réduire afin de laisser la place aux acteurs compétitifs. La majorité de ces établissements sont situés dans la région de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

Afin de moderniser le secteur bancaire, le gouvernement a mis sur pied un plan d’action voulant faire de Moscou un centre financier mondial. Toutefois, selon certains experts, la capitale devrait plutôt devenir un centre financier régional en comptant sur l’importance du potentiel économique du pays ainsi que des échanges avec les pays de l’ex-URSS.

 

Dans le secteur hôtelier, la Russie offre de nombreuses perspectives. Le secteur manque cruellement d’établissement de milieux de gamme, les prix restent prohibitifs et Moscou est la 4e ville au monde en termes de coût de  la vie (1e en Europe).

Le secteur des soins de santé devrait également connaitre une croissance au cours des prochaines années. Le plan national « Health 2020 », dont l’objectif est d’augmenter l’espérance de vie et offrir une assurance médicale aux 142 millions de Russes devrait sans aucun doute stimuler la demande de soins. 

Dans le domaine de la logistique également, il y aura un besoin d’investissements. Le défi est de taille car le pays est immense et le climat y est rude. L’infrastructure de piètre qualité ainsi que le manque de technologies logistiques récentes limitent le volume de transport dans le pays. Du fait de la position géographique idéale de la Russie ainsi que de l’augmentation du commerce et du niveau de vie des Russes, le secteur logistique devrait se développer rapidement dans les moins à venir.

 

Finalement, le secteur des technologies de l’information et de la communication est relativement peu développé, mais est en plein essor actuellement, offrant dès lors de bonnes possibilités d’affaires pour les entreprises belges.

 

Commerce extérieur 

 

En ce qui concerne le commerce extérieur, la plus grande part des exportations russes, soit plus de la moitié de celles-ci, va aux marchés européens.  L’économie et la production de ces derniers subissent également les effets de la crise, ceci se répercutant leurs importations, notamment en provenance de la Russie.

Au niveau sectoriel, la Russie est largement dépendante du commerce des combustibles (pétrole et gaz) qui représentent près des 2/3 de ses exportations totales. Mais à présent, sous la politique de Dmitri Medvedev, le pays cherche à diversifier son économie afin de réduire la dépendance envers le secteur de l’énergie qui a constitué son talon d’Achille lors de cette crise. La Russie est également exportatrice de métaux (12.9 % en 2009), de machines et équipements et de produits de l’industrie chimique dans une nettement moindre mesure (+/- 5.9 %).

En raison de son tissu industriel concentré sur la production d’énergie et la métallurgie, la Russie est largement tributaire de ses importations pour le secteur manufacturier et les machines et équipements (43,4 % de ses importations), notamment pour les produits high-tech, les produits chimiques (16,7 %) et les biens de consommation (industrie agro-alimentaire, 18 %).

Ses principaux fournisseurs sont les Pays-Bas et l’Allemagne, de même que l’Ukraine, la Chine et les USA.

Grâce aux prix élevés des exportations d’énergie, la balance commerciale du pays est restée positive au cours des 10 dernières années.

 

Budget public 

La Russie a un niveau d’endettement relativement faible. La dette publique est estimée à 8% en 201é. Jusque 2008 le budget russe était en boni, un léger déficit de 0.8% est attendu pour 2012.

L’Etat russe a pu compter sur sa gestion saine des années antérieures et des réserves constituées (Fonds de Réserve et Fonds du bien-être) alimentés par les prélèvements sur les recettes énergétiques. Il a donc été en mesure de fournir des liquidités et des capitaux au système bancaire et s’efforcer de stimuler la demande globale.

Dès avant la crise financière, l’Etat avait fortement renforcé sa participation dans les secteurs stratégiques : énergie, nucléaire, automobile, diamant, titane etc.  La crise l’a par ailleurs amené à intervenir dans d’autres secteurs aux mains de grands groupes industriels (Norilsk Nickel par exemple). 

Le ralentissement de la consommation intérieure et la baisse des prix de l’énergie comparativement aux années antérieures devraient maintenir l’inflation à des niveaux élevés mais raisonnables autour des 8 %.

Le taux de chômage en Russie connait une baisse lente mais constante ces 3 dernières années : de 7,5 % en 2010, il est passé à 6,6 % en 2011 et est estimé à 6,2 % en 2012.

 

2012: Adhésion à l'OMC et perspectives  

Après une très longue période de négociation, la Russie a intégré l’OMC en 2012. La Russie était le dernier pays du G20 à ne pas être membre de l’organisation. Par cette adhésion, la Russie s’engage à ouvrir davantage son régime commercial et accélérer son intégration dans l’économie mondiale. Les droits de douane devraient être abaissés d’une moyenne de 9,5% à 6% d’ici 2015. La Banque Mondiale estime que le PIB de la Russie augmentera de 10% dans les 10 prochaines années en raison de cette adhésion. Le risque de faillite est important pour beaucoup d’entreprises russes qui ne sont pas suffisamment préparées à l’augmentation de la concurrence venant de l’étranger.

Une Union douanière est en place avec la Biélorussie et le Kazakhstan. Les pays sont en train d’uniformiser leurs règles de certification et d’enregistrement.

 

La croissance du PIB est de retour en Russie depuis 2010 (+4,3%). Elle devrait se maintenir à ce niveau en 2012 avant de reculer à 3,8% en 2013 soutenue par la demande domestique. L’immensité du marché du plus grand pays au monde et le potentiel de croissance de la demande  domestique sont autant de raisons d’être optimistes quant à la croissance Russe.

 

Pour que celle-ci s’inscrive dans la durée, le gouvernement a mis en place des plans pour s’attaquer aux problèmes structurels de la Russie, à savoir son infrastructure archaïque, sa dépendance envers le secteur énergétique, l’importante bureaucratie, mes problèmes de corruption et le manque d’initiative privée et de liberté d’entreprendre.

Nouvelles Technologies : la Russie souhaite devenir un acteur de premier plan dans ce domaine et a créé un Technoparc intégré : Skolkovo. Elle a mis en place des zones économiques spéciales consacrées aux nouvelles technologies et a créé de grandes sociétés en charge de l’innovation (Rostechnologi et Rosnano). 

- Diversification économique vers le domaine de la finance (projet de faire de Moscou un important centre financier régional voir mondial).

 

- Soutien aux créations de PME. 

- Nombreux projets d’envergure mondiale : Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi en 2014, Coupe du Monde de Football en 2018, Universiade d’été à Kazan en 2013.

 

- Nombreux programmes de priorité nationale : pour la santé (health 2020), pour le rail (stratégie 2030),  

- Relance des programmes de privatisation dans l’ensemble des secteurs de l’économie, avec notamment en octobre 2010 l’approbation d’une des plus grandes opérations de privatisation jamais réalisée (pour un montant estimé de 42 milliards d’EUR sur 5 ans).  

Sources : Economist Intelligence Unit et CIA World Factbook

Accession de la Russie à l’OMC : http://www.wto.org/french/news_f/news11_f/acc_rus_10nov11_f.htm

 

Restrictions commerciales UE-Russie 

  1. 1.  Sanctions économiques UE envers la Fédération de Russie

Le 1er juillet 2016, le Conseil a prorogé les sanctions économiques visant des secteurs spécifiques de l'économie russe jusqu'au  31 janvier 2017.

Ces mesures avaient initialement été introduites le 31 juillet 2014 pour une durée d'un an, en réaction aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine. Ces mesures ont été renforcées en septembre 2014. Elles visent les secteurs des finances, de l'énergie et de la défense, et le domaine des biens à double usage.

Le 19 mars 2015, le Conseil européen a accepté de lier la durée de ces sanctions à la mise en œuvre intégrale des accords de Minsk, qui était prévue pour le 31 décembre 2015.

Étant donné qu'à la date du 31 décembre 2015, les accords de Minsk n'avaient pas entièrement été mis en œuvre, le Conseil a prorogé les sanctions jusqu'au 31 juillet 2016. Après avoir évalué la mise en œuvre des accords de Minsk, le Conseil a décidé de reconduire les sanctions pour une nouvelle période de six mois, jusqu'au 31 janvier 2017.

Les sanctions économiques prorogées suivant les termes de cette décision ont notamment pour effet :

-          de limiter l'accès aux marchés primaire et secondaire des capitaux de l'UE pour cinq grandes institutions financières russes détenues majoritairement par l'État et pour leurs filiales établies en dehors de l'UE dans lesquelles elles détiennent une participation majoritaire, ainsi que pour trois grandes entreprises russes du secteur de l'énergie et trois entreprises du secteur de la défense ;

-          d'imposer un embargo sur les exportations et les importations d'armes ;

-          d'interdire l'exportation des biens à double usage destinés à une utilisation militaire ou à des utilisateurs finaux militaires en Russie ;

-          de restreindre l'accès de la Russie à certains services et technologies sensibles pouvant être utilisés pour la production et l'exploration pétrolières.

Outre ces sanctions économiques, plusieurs mesures ont été mises en place par l'UE en réaction à la crise en Ukraine, dont notamment :

-          des mesures restrictives individuelles ciblées, à savoir une interdiction de visa et un gel des avoirs concernant actuellement 146 personnes et 37 entités, jusqu'au 15 septembre 2016 ;

-          des mesures restrictives en réaction à l'annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol, qui sont limitées au territoire de la Crimée et de Sébastopol, et qui sont actuellement en place jusqu'au 23 juin 2017.

Cette décision a été adoptée par procédure écrite et, conformément à la règle applicable à toutes les décisions de prorogation de mesures restrictives, à l'unanimité.

Pour en savoir plus :

Déclaration au nom de l'Union européenne sur les mesures restrictives adoptées à l'encontre de la Russie

Fiche d'information sur les mesures restrictives de l'UEListe commune des équipements militaires de l'UEListe de l'UE des biens à double usage

  

2.     EMBARGO RUSSE EN REPONSE AUX SANCTIONS

Le président russe a signé un décret sur l’extension de l’embargo alimentaire adopté contre les produits agricoles européens en réponses aux sanctions imposées contre la Russie par plusieurs pays dans le cadre de la crise ukrainienne.

Selon le texte du décret, rendu public mercredi 29 juin, la prolongation de l’embargo prendra effet à partir du 6 août 2016 jusqu’au 31 décembre 2017, et concerne «l’application de certaines mesures économiques spéciales afin d’assurer la sécurité de la Fédération de Russie».


Dès à présent l’AFSCA ne certifie plus  à l’exportation vers la Russie les produits repris dans la liste ci-dessus.

 

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