Conjoncture économique

L'Accord Canada–États-Unis–Mexique (en anglais United States–Mexico–Canada Agreement, USMCA) élimine l'incertitude quant aux perspectives du commerce régional, et la fermeté de la demande américaine soutiendra la croissance des exportations mexicaines. Cependant, les inquiétudes concernant la politique économique de l'administration du président López Obrador atténueront la confiance des entreprises mexicaines et étrangères. Les premières données sur le PIB réel au premier trimestre 2019 affichent une contraction de 0,2% en glissement trimestriel (données corrigées des variations saisonnières). Compte tenu de ce faible résultat, les analystes ont réduit leur prévision pour 2019 à 1,4 %. Cependant, ils ont revu à la hausse leur prévision pour 2020, à 1,7 %, compte tenu d'un effet de base plus faible et d'une récente révision à la hausse des prévisions de croissance du PIB réel des Etats-Unis pour cette année-là. Ils prévoient une reprise de la croissance par la suite, mais les prévisions à moyen terme présupposent que les réformes structurelles mises en œuvre ces dernières années n'atteindront pas leur plein potentiel, en raison de déficiences institutionnelles et les priorités politiques de M. López Obrador.

La faiblesse de l'investissement public et les niveaux élevés de pauvreté entraveront également l'accélération de la croissance. Sur cette base, la croissance ne devrait atteindre que 2,5 % en moyenne en 2021-2023. Du côté de l'offre, le secteur manufacturier orienté vers l'exportation est menacé par d'éventuelles mesures protectionnistes de la part des États-Unis (bien que l’USMCA élimine une certaine incertitude), mais ses perspectives à long terme restent bonnes, compte tenu des bas salaires, d'une main-d'œuvre relativement qualifiée et d'une intégration profonde dans les chaînes de valeur américaines. Le secteur de l'énergie sera stimulé par les réformes et l’ augmentation de la production, à mesure que les concessions aux entreprises privées entreront en vigueur. La baisse des prix de l'électricité et l'interconnexion accrue avec le réseau nord-américain de distribution d'énergie aideront à réduire le coût des intrants pour les entreprises. Le tourisme se portera bien, mais d'autres secteurs de services seront léthargiques, en raison de la faiblesse de la concurrence et de la réglementation.

 

Source : Country Report May 2019 - www.eiu.com - © Economist Intelligence Unit Limited 2019 - traduc

 

Les droits de douane américains ont été évités de justesse pour l'instant, mais l'incertitude persiste

Le Mexique et les États-Unis sont parvenus à un accord ténu le 7 juin pour éviter les droits de douane imposés par les États-Unis sur toutes les importations mexicaines  et qui devaient entrer en vigueur quelques jours plus tard. Les dénommés  « droits douaniers d'immigration »,  décidés par le président américain Donald Trump le 30 mai 2019 en réponse à l'échec (selon sa perception) des autorités mexicaines à s'attaquer aux flux migratoires à destination des États-Unis, devaient être mis en place pour taxer à 5% toutes les marchandises en provenance du Mexique qui entreraient aux États-Unis, avant d'augmenter progressivement jusqu'à 25 % en octobre 2019. Bien que les États-Unis aient finalement mis de côté leur proposition - trois jours seulement avant l'entrée en vigueur des tarifs douaniers prévue le 10 juin - en faveur d'un accord visant à freiner le flux de migrants à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, les analystes estiment qu'une grande partie des dommages ont déjà été causés. Le niveau accru d'incertitudes entourant les relations commerciales entre le Mexique et les États-Unis, malgré l'Accord États-Unis-Mexique - Canada (USMCA) de 2018 laisse l’économie mexicaine déjà mal en point sur un terrain encore plus précaire On s'attend aussi à ce que les exigences des États-Unis mettent à rude épreuve un budget déjà serré, au fur et à mesure que l'économie mexicaine absorbe une plus grande part du coût des flux migratoires à destination des États-Unis. Ce « coup de poing dans le ventre » dans le climat économique a, dans l’intervalle, pratiquement anéanti les espoirs d'une reprise à court terme de l'investissement. 
Les analystes avaient procédé avec prudence pour évaluer les retombées probables des droits douaniers imposés par les États-Unis, bien qu'ils aient été unanimes sur le fait que ceux-ci nuiraient gravement à l'économie ; certains avaient même considéré que ces taxes pousseraient l’économie mexicaine vers la stagflation et même vers la récession. Bien que les tarifs douaniers aient été annulés, leur menace plane toujours et de nouvelles flambées dans les relations commerciales entre le Mexique et les États-Unis sont presque inévitables. "Nous croyons que le lien entre l'immigration et la politique commerciale ne peut être inversé ", ont noté les analystes de Nomura. Sur ce point, ils ont expliqué que " le fait que l'immigration est une question politique importante pour le président Trump signifie que le risque d'une certaine forme de perturbation (...) subsistera au moins jusqu'aux élections de 2020 aux États-Unis ". Les analystes interrogés par FocusEconomics s'attendent à ce que la récente période d'incertitude persiste : "Si l'on se fie aux médias sociaux, les Mexicains pensent qu'il s'agit plutôt d'un report que d'une annulation." ont fait valoir les analystes d'ING. Une grande partie de notre groupe d'experts est d'accord. L'incertitude les a poussés à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance.

Au milieu d'une crise diplomatique à peine évitée, le peso mexicain s'est effondré avant de se redresser quelque peu dans la période précédant la suspension des droits de douane. Le 7 juin 2019, le MXN s'échangeait à 19,62 pour un dollar, se dépréciant de 3,0 % par rapport au même jour en mai 2019. En ce qui concerne l'avenir, on s'attend à ce que les relations commerciales tendues avec les États-Unis continuent de peser sur le peso, ainsi qu'une incertitude économique et politique accrue.

Auteur: Christopher Thomas, économiste

Source : https://www.focus-economics.com/countries/mexico/news/politics/us-tariffs-averted-for-now-but-uncertainty-lingers?  - 10 juin 2019 – consulté le 25 juin 2019 – traduction libre de l’AWEX

UE-Mexique : accord de libre-échange modernisé

Le 21 avril 2018, la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a annoncé l’accord de principe pour la conclusion d’un nouveau Traité de libre-échange modernisé avec le Mexique, l’aboutissement de deux ans de négociations. Premier accord  conclu avec un pays latino-américain, il a permis de plus que doubler les échanges commerciaux entre les deux parties depuis son entrée en vigueur en 2000, mais il nécessitait une mise à jour afin de  le mettre à niveau des accords dits « de dernière génération » récemment signés, notamment avec le Canada. Nombreuses sont les avancées figurant dans cet accord modernisé : suppression totale des droits de douane, y compris sur les produits agricoles, protection des indications géographiques UE au Mexique, accès facilité aux marchés publics, y compris potentiellement au niveau des Etats mexicains, protection renforcée de la propriété intellectuelle, extension de l’accord aux services (financiers, transports, e-commerce et télécommunications), inclusion d’un volet contraignant en matière de développement durable (respect des normes sociales et environnementales), protection des investissements au moyen du nouveau système de Cour multilatérale , et enfin une clause relative à la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, une première dans ce type d’accord.

Voyez ce que les exportateurs européens, dont le chocolatier Galler, en disent : Témoignages d’exportateurs européens

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Les 3 piliers de l’économie mexicaine

La production pétrolière (10ème producteur mondial). La compagnie pétrolière Pemex est la deuxième entreprise la plus puissante en Amérique latine selon le classement de la revue spécialisée América Economía. 

Le secteur industriel (37 % du PIB et 24 % de la population active) : industrie automobile (8e producteur et 3e exportateur mondial en 2014), agroalimentaire, industrie lourde (Cemex occupe le 1er rang mondial pour la production de béton) et nouvelles technologies (en fort développement en particulier dans la région de Guadalajara). Depuis une dizaine d’années, le Mexique (en particulier l’Etat de Querétaro) s’impose comme un pôle aéronautique de premier plan en Amérique du Nord. Cette industrie compte plus de 300 entreprises (dont 80 % étrangères)  générant plus de 35000 emplois directs.   Selon la fédération mexicaine de l’industrie aérospatiale (FEMIA), d’ici 2020, le secteur aéronautique comptera 450 entreprises, plus de 110 000 employés et réalisera 12 milliards de dollars d’exportations. Il passera ainsi du 14ème au 10ème rang mondial des fournisseurs de composants aéronautiques. 

Le secteur tertiaire (60 % du PIB et 52 % de la population active) : tourisme (8 % du PIB et plus de 5 millions d’emplois), audiovisuel, télécommunications.

L’AEUMC, le nouvel accord États-Unis-Mexique-Canada remplace l’ALENA

« L’Accord États-Unis-Mexique-Canada » (USMCA) a été conclu dans son principe le 1er octobre 2018 par les États-Unis, le Mexique et le Canada ont annoncé qu'ils avaient conclu une entente en vue de remplacer « l'Accord de libre-échange nord-américain » (ALENA), en le rebaptisant USMCA. Ce dernier a été signé à l’occasion du G20 en Argentine ce 30 novembre 2018. Après la signature, l'accord sera soumis à la ratification des assemblées législatives de chaque pays.  Le processus de ratification comporte encore des risques. FitchSolutions s’attend à ce que la ratification progresse relativement facilement au Canada et au Mexique, bien que les critiques de la gauche mexicaine augmentent. Elle sera confrontée à un cheminement plus difficile aux Etats-Unis. Des questions subsistent quant au calendrier, et il est peu probable qu'un vote ait lieu avant le début de la nouvelle session du Congrès en 2019.  L'USMCA élargira la portée de l'ALENA. Une grande partie du nouvel accord est axée sur l'approfondissement de l'intégration fondée sur des règles et la modernisation sur le modèle du Partenariat Trans-pacifique et d'autres accords commerciaux menés par les États-Unis. Plutôt que d'étendre l'accès au marché pour le commerce des marchandises - l'Amérique du Nord étant déjà presque entièrement exempte de droits de douane - l'accord met également l'accent sur l'accès réglementaire aux marchés. l'environnement, la propriété intellectuelle, les marchés publics, le règlement des différends, le commerce des services et d'autres domaines qui n'étaient pas inclus dans l'accord de 1994, comme par exemple le commerce électronique. Les dispositions relatives à la main-d'œuvre seront révisées, le Mexique acceptant d'adopter des lois visant à élargir la représentation syndicale, et d'étendre la protection des femmes et des travailleurs migrants. Les réglementations en matière d'environnement seront également harmonisées, avec des exigences plus strictes. en particulier au Mexique. Par exemple, l'accord contient des dispositions interdisant d'encourager l'investissement ou le commerce en affaiblissant la protection de l'environnement. Dans l'ensemble, l'amélioration de la cohésion réglementaire profitera probablement aux flux commerciaux au cours des prochaines années. 

Le secteur automobile Dans l'immédiat, le nouvel accord de l'USMCA n'apporte que peu de changements, car les constructeurs automobiles conserveront leur accès au marché nord-américain. De plus, l'accord contient une clause exemptant les entreprises mexicaines et canadiennes des droits de douane (de défense nationale) proposés sur toutes les importations d'automobiles américaines, si elles sont mises en œuvre par les États-Unis. Toutefois, malgré la conclusion des négociations, les droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis demeurent en vigueur, ce qui représente l'un des plus grands défis immédiats pour les constructeurs automobiles. Certains des plus importants intervenants du secteur canadien de l'automobile, comme l'association des fabricants de pièces, continuent de s'opposer à l'USMCA jusqu'à ce que cette question soit réglée.  Des défis plus importants sont encore à venir avec l'introduction progressive des nouvelles règles d'origine, le contenu nord-américain requis d'un véhicule passant de 62,5 % à 75,0 %.De plus, 40,0% des véhicules vendus dans la région doivent provenir d'un marché dont les salaires sont de 16 USD/heure ou plus. Il s'agit d'un effort direct de la part des négociateurs américains pour encourager le mouvement de la production vers les États-Unis ou le Canada à partir du Mexique où les salaires sont plus bas. Ces deux aspects des nouvelles règles entraîneront une augmentation des coûts globaux pour les constructeurs automobiles du bloc commercial, car ils seront contraints d'utiliser des composants d'origine régionale plutôt que des intrants plus compétitifs en provenance d'Asie. Ceux qui ont des activités de production au Mexique devront également augmenter considérablement leur masse salariale pour maintenir un accès en franchise de droits au marché américain.  Les nouvelles règles d'origine pourraient accélérer l'adoption de l'automatisation dans les usines de production mexicaines plutôt que de créer de nouveaux emplois. C'est déjà l'un des moteurs de la réduction du nombre d'emplois dans le secteur manufacturier aux États-Unis et nous pourrions voir le Mexique commencer à suivre la même tendance en raison de son développement en tant que base industrielle majeure. 

L’agro-industrie La structure actuelle des échanges agricoles restera en grande partie intacte, étant donné le caractère relativement mineur des changements inclus dans l'accord. La signature de cet accord éliminera en grande partie des risques à la baisse pour la production agricole à long terme de la région, qui est fortement dépendante des flux commerciaux transfrontaliers. Le Canada et le Mexique sont les premier et troisième marchés en importance pour les exportations agro-industrielles américaines et les deux pays représentent ensemble 26,4 % (32,0 milliards USD) du total des exportations des États-Unis en 2017. Le nouveau pacte maintiendra les droits de douane nuls de l'ALENA sur tous les produits alimentaires et agricoles. Cela éliminera le risque d'inflation des prix des denrées alimentaires au Mexique, premier importateur de céréales et de produits laitiers des États-Unis et acheteur important de coton et de viande des États-Unis. L'USMCA n'apporte aucune solution aux droits de douane récemment imposés, qui posent des risques continus à la baisse pour la production agricole américaine. En attendant la suppression des droits de douane américains sur les importations d'aluminium et d'acier imposés en juin 2018, le Canada maintient les droits de douane sur les produits de bœuf préparés des États-Unis (la viande représente 13,6 % des exportations agricoles des Etats-Unis contre 3,7 % pour les produits laitiers) et le Mexique maintient les droits sur le fromage et le porc américains. Le Mexique est le deuxième importateur de viande de porc américaine, avec 1,2 milliard USD d'exportations américaines en 2017, et le premier importateur de fromage américain, qui représente 391 millions USD d'exportations américaines. 

Le secteur de l’énergie Les clauses de règlement des différends favorisent le commerce et l'investissement dans le secteur de l'énergie. Bien que le commerce des biens énergétiques ne soit pas explicitement inclus dans l'USMCA, le soutien à l'arbitrage entre Investisseur et État dans le secteur soutiendra dans le futur les flux d'investissements étrangers. En effet, les dispositions du chapitre 11 de l'ALÉNA relatives au règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) demeureront en grande partie inchangées pour les projets pétroliers, gaziers et de production d'électricité, ainsi que pour les investissements dans les transports et les télécommunications. Ces industries seront exemptées d'un certain nombre de nouvelles restrictions applicables à la protection des investissements entre les États-Unis et le Mexique en vertu de l’USMCA. Cela comprend une exigence plus stricte en matière de recours internes, en vertu de laquelle les requérants doivent d'abord s'adresser aux tribunaux nationaux du défendeur et attendre un jugement définitif avant de déclencher une procédure ISDS.  Cela élimine un risque important pour les investissements énergétiques entre les États-Unis et le Mexique. Bien que le processus de libéralisation soit bien engagé, les investisseurs américains ont fait valoir que les longs délais d'exécution des projets nécessitent des protections qui offrent une sécurité dans les périodes de transition politique.

 

Source : FitchSolutions, January 2019, Vol 36, Issue 1, Latin America Monitor, Mexico – traduction libre de l’AWEx du 26 novembre 2018

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie 

Exportations de la Wallonie à destination du Mexique (12 mois 2018)
Le Mexique occupe le 34ième rang dans le classement mondial des clients de la Wallonie ; son poids dans le total des exportations wallonnes s’élevant à 0,32 %.  
La part de la Wallonie dans les exportations de la Belgique vers ce pays est de 12,9%.  Parmi les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le Mexique est le 2ième client de la Wallonie derrière le Brésil (1er), et devançant la Colombie (3ième), le Chili (4ième), l’Argentine (5ième), l’Equateur (6ième), le Pérou (7ième), Cuba (8ième), le Panama (9ième) et la République Dominicaine (10ième).  En 2018, les exportations wallonnes vers le Mexique se sont élevées à 147,12 millions d’euros, ce qui représente une baisse de 1,3% par rapport à 2017.

Secteurs des exportations wallonnes vers le Mexique

 

Variation
2015/2014 : +23,9%
2016/2015 : +49,6%
2017/2016 : -4,1%
2018/2017 : -1,3% 

 

Importations de la Wallonie depuis le Mexique (2018) 
Le Mexique occupe le 24ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie ; son poids dans le total des importations wallonnes représentant 0,41%.  Parmi les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le Mexique est le premier fournisseur de la Wallonie devant le Brésil (2ième), le Venezuela (3ième), le Nicaragua (4ième), le Honduras (5ième), l’Equateur (6ième), le Chili (7ième), l’Argentine (8ième), le Pérou (9ième), le Costa Rica (10ième), El Salvador (11ième), la Colombie (12ième), le Guyana (13ième), l’Uruguay (14ième), la République dominicaine (15ième), le Suriname (16ième), le Guatemala (17ième), le Paraguay (18ième), le Panama (19ième) et Cuba (20ième).  En 2018, les importations wallonnes en provenance du Mexique se sont élevées à 140,89 millions d’euros, ce qui représente une baisse de 8,6% par rapport à l’année 2017. 

Secteurs des importations wallonnes depuis le Mexique :

 

Variation :
2015/2014 :+35,2%
2016/2015 :+0,3 %
2017/2016 :-55,5%
2018/2017 :-8,6% 

La balance commerciale est favorable pour la Wallonie (+6,23 millions d’euros). 

 

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