Croissance économique

L'Accord Canada–États-Unis–Mexique (USMCA pour l’acronyme anglais), s’il est approuvé par les Congrès nationaux de ces pays, lève toute incertitude sur les perspectives du commerce régional. Ainsi, la forte demande américaine soutiendra la croissance des exportations mexicaines. Toutefois, selon l’Economist, les préoccupations persistantes au sujet de la politique économique de l'administration  du Président López Obrador pourraient entamer la confiance des entreprises nationales et internationales. Selon les prévisons, la croissance du PIB réel ralentira, passant d'environ 2,1 % en 2018 à 1,8 % en 2019. Ce ralentissement est typique de la première année d'un nouveau gouvernement au Mexique, le temps que la nouvelle administration s'adapte au gouvernement mis en place. En effet, une grande partie du personnel travaillant au gouvernement est remplacée après chaque élection, car le Mexique manque largement d'une bureaucratie institutionnelle.   Les analystes de l’Economist s’attendent à ce qu'un ralentissement aux États-Unis en 2020 freine encore la croissance du PIB du Mexique cette année-là, chutant ainsi à 1,6 %, avant de connaître une relance par la suite. Cependant, les prévisions à moyen terme partent du principe que les réformes structurelles mises en œuvre ces dernières années n'atteindront pas leur plein potentiel, en raison de carences institutionnelles et des priorités politiques de M. López Obrador. Le faible investissement public et les niveaux élevés de pauvreté pourraient entraver également la croissance. Celle-ci ne devrait atteindre que 2,4 % en moyenne entre 2021 et 2023.   Du côté de l'offre, le secteur manufacturier orienté vers l'exportation est menacé par d'éventuelles mesures protectionnistes de la part des États-Unis (bien que l’USMCA élimine certaines incertitudes), mais les perspectives à long terme restent bonnes, étant donné les bas salaires, une main-d'œuvre relativement qualifiée et une intégration profonde aux chaînes de valeur américaines. Le secteur de l'énergie sera stimulé par des réformes et des appels d'offres pour l’exploration auxquels répondront des entreprises privées. La baisse des prix de l'électricité et l'interconnexion accrue avec le réseau énergétique nord-américain contribueront à réduire les coûts de production pour les entreprises. Le tourisme sera performant, mais d'autres secteurs de services seront lents, en raison de la faible concurrence et de la législation.

 

 

Source : Country Report  - February 2019 - www.eiu.com  - © Economist Intelligence Unit Limited 2019 ; traduction libre AWEX

 

UE-Mexique : accord de libre-échange modernisé

Le 21 avril 2018, la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a annoncé l’accord de principe pour la conclusion d’un nouveau Traité de libre-échange modernisé avec le Mexique, l’aboutissement de deux ans de négociations. Premier accord  conclu avec un pays latino-américain, il a permis de plus que doubler les échanges commerciaux entre les deux parties depuis son entrée en vigueur en 2000, mais il nécessitait une mise à jour afin de  le mettre à niveau des accords dits « de dernière génération » récemment signés, notamment avec le Canada. Nombreuses sont les avancées figurant dans cet accord modernisé : suppression totale des droits de douane, y compris sur les produits agricoles, protection des indications géographiques UE au Mexique, accès facilité aux marchés publics, y compris potentiellement au niveau des Etats mexicains, protection renforcée de la propriété intellectuelle, extension de l’accord aux services (financiers, transports, e-commerce et télécommunications), inclusion d’un volet contraignant en matière de développement durable (respect des normes sociales et environnementales), protection des investissements au moyen du nouveau système de Cour multilatérale , et enfin une clause relative à la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, une première dans ce type d’accord.

Voyez ce que les exportateurs européens, dont le chocolatier Galler, en disent : Témoignages d’exportateurs européens

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Les 3 piliers de l’économie mexicaine

La production pétrolière (10ème producteur mondial). La compagnie pétrolière Pemex est la deuxième entreprise la plus puissante en Amérique latine selon le classement de la revue spécialisée América Economía. 

Le secteur industriel (37 % du PIB et 24 % de la population active) : industrie automobile (8e producteur et 3e exportateur mondial en 2014), agroalimentaire, industrie lourde (Cemex occupe le 1er rang mondial pour la production de béton) et nouvelles technologies (en fort développement en particulier dans la région de Guadalajara). Depuis une dizaine d’années, le Mexique (en particulier l’Etat de Querétaro) s’impose comme un pôle aéronautique de premier plan en Amérique du Nord. Cette industrie compte plus de 300 entreprises (dont 80 % étrangères)  générant plus de 35000 emplois directs.   Selon la fédération mexicaine de l’industrie aérospatiale (FEMIA), d’ici 2020, le secteur aéronautique comptera 450 entreprises, plus de 110 000 employés et réalisera 12 milliards de dollars d’exportations. Il passera ainsi du 14ème au 10ème rang mondial des fournisseurs de composants aéronautiques. 

Le secteur tertiaire (60 % du PIB et 52 % de la population active) : tourisme (8 % du PIB et plus de 5 millions d’emplois), audiovisuel, télécommunications.

L’AEUMC, le nouvel accord États-Unis-Mexique-Canada remplace l’ALENA

« L’Accord États-Unis-Mexique-Canada » (USMCA) a été conclu dans son principe le 1er octobre 2018 par les États-Unis, le Mexique et le Canada ont annoncé qu'ils avaient conclu une entente en vue de remplacer « l'Accord de libre-échange nord-américain » (ALENA), en le rebaptisant USMCA. Ce dernier a été signé à l’occasion du G20 en Argentine ce 30 novembre 2018. Après la signature, l'accord sera soumis à la ratification des assemblées législatives de chaque pays.  Le processus de ratification comporte encore des risques. FitchSolutions s’attend à ce que la ratification progresse relativement facilement au Canada et au Mexique, bien que les critiques de la gauche mexicaine augmentent. Elle sera confrontée à un cheminement plus difficile aux Etats-Unis. Des questions subsistent quant au calendrier, et il est peu probable qu'un vote ait lieu avant le début de la nouvelle session du Congrès en 2019.  L'USMCA élargira la portée de l'ALENA. Une grande partie du nouvel accord est axée sur l'approfondissement de l'intégration fondée sur des règles et la modernisation sur le modèle du Partenariat Trans-pacifique et d'autres accords commerciaux menés par les États-Unis. Plutôt que d'étendre l'accès au marché pour le commerce des marchandises - l'Amérique du Nord étant déjà presque entièrement exempte de droits de douane - l'accord met également l'accent sur l'accès réglementaire aux marchés. l'environnement, la propriété intellectuelle, les marchés publics, le règlement des différends, le commerce des services et d'autres domaines qui n'étaient pas inclus dans l'accord de 1994, comme par exemple le commerce électronique. Les dispositions relatives à la main-d'œuvre seront révisées, le Mexique acceptant d'adopter des lois visant à élargir la représentation syndicale, et d'étendre la protection des femmes et des travailleurs migrants. Les réglementations en matière d'environnement seront également harmonisées, avec des exigences plus strictes. en particulier au Mexique. Par exemple, l'accord contient des dispositions interdisant d'encourager l'investissement ou le commerce en affaiblissant la protection de l'environnement. Dans l'ensemble, l'amélioration de la cohésion réglementaire profitera probablement aux flux commerciaux au cours des prochaines années. 

Le secteur automobile Dans l'immédiat, le nouvel accord de l'USMCA n'apporte que peu de changements, car les constructeurs automobiles conserveront leur accès au marché nord-américain. De plus, l'accord contient une clause exemptant les entreprises mexicaines et canadiennes des droits de douane (de défense nationale) proposés sur toutes les importations d'automobiles américaines, si elles sont mises en œuvre par les États-Unis. Toutefois, malgré la conclusion des négociations, les droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis demeurent en vigueur, ce qui représente l'un des plus grands défis immédiats pour les constructeurs automobiles. Certains des plus importants intervenants du secteur canadien de l'automobile, comme l'association des fabricants de pièces, continuent de s'opposer à l'USMCA jusqu'à ce que cette question soit réglée.  Des défis plus importants sont encore à venir avec l'introduction progressive des nouvelles règles d'origine, le contenu nord-américain requis d'un véhicule passant de 62,5 % à 75,0 %.De plus, 40,0% des véhicules vendus dans la région doivent provenir d'un marché dont les salaires sont de 16 USD/heure ou plus. Il s'agit d'un effort direct de la part des négociateurs américains pour encourager le mouvement de la production vers les États-Unis ou le Canada à partir du Mexique où les salaires sont plus bas. Ces deux aspects des nouvelles règles entraîneront une augmentation des coûts globaux pour les constructeurs automobiles du bloc commercial, car ils seront contraints d'utiliser des composants d'origine régionale plutôt que des intrants plus compétitifs en provenance d'Asie. Ceux qui ont des activités de production au Mexique devront également augmenter considérablement leur masse salariale pour maintenir un accès en franchise de droits au marché américain.  Les nouvelles règles d'origine pourraient accélérer l'adoption de l'automatisation dans les usines de production mexicaines plutôt que de créer de nouveaux emplois. C'est déjà l'un des moteurs de la réduction du nombre d'emplois dans le secteur manufacturier aux États-Unis et nous pourrions voir le Mexique commencer à suivre la même tendance en raison de son développement en tant que base industrielle majeure. 

L’agro-industrie La structure actuelle des échanges agricoles restera en grande partie intacte, étant donné le caractère relativement mineur des changements inclus dans l'accord. La signature de cet accord éliminera en grande partie des risques à la baisse pour la production agricole à long terme de la région, qui est fortement dépendante des flux commerciaux transfrontaliers. Le Canada et le Mexique sont les premier et troisième marchés en importance pour les exportations agro-industrielles américaines et les deux pays représentent ensemble 26,4 % (32,0 milliards USD) du total des exportations des États-Unis en 2017. Le nouveau pacte maintiendra les droits de douane nuls de l'ALENA sur tous les produits alimentaires et agricoles. Cela éliminera le risque d'inflation des prix des denrées alimentaires au Mexique, premier importateur de céréales et de produits laitiers des États-Unis et acheteur important de coton et de viande des États-Unis. L'USMCA n'apporte aucune solution aux droits de douane récemment imposés, qui posent des risques continus à la baisse pour la production agricole américaine. En attendant la suppression des droits de douane américains sur les importations d'aluminium et d'acier imposés en juin 2018, le Canada maintient les droits de douane sur les produits de bœuf préparés des États-Unis (la viande représente 13,6 % des exportations agricoles des Etats-Unis contre 3,7 % pour les produits laitiers) et le Mexique maintient les droits sur le fromage et le porc américains. Le Mexique est le deuxième importateur de viande de porc américaine, avec 1,2 milliard USD d'exportations américaines en 2017, et le premier importateur de fromage américain, qui représente 391 millions USD d'exportations américaines. 

Le secteur de l’énergie Les clauses de règlement des différends favorisent le commerce et l'investissement dans le secteur de l'énergie. Bien que le commerce des biens énergétiques ne soit pas explicitement inclus dans l'USMCA, le soutien à l'arbitrage entre Investisseur et État dans le secteur soutiendra dans le futur les flux d'investissements étrangers. En effet, les dispositions du chapitre 11 de l'ALÉNA relatives au règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) demeureront en grande partie inchangées pour les projets pétroliers, gaziers et de production d'électricité, ainsi que pour les investissements dans les transports et les télécommunications. Ces industries seront exemptées d'un certain nombre de nouvelles restrictions applicables à la protection des investissements entre les États-Unis et le Mexique en vertu de l’USMCA. Cela comprend une exigence plus stricte en matière de recours internes, en vertu de laquelle les requérants doivent d'abord s'adresser aux tribunaux nationaux du défendeur et attendre un jugement définitif avant de déclencher une procédure ISDS.  Cela élimine un risque important pour les investissements énergétiques entre les États-Unis et le Mexique. Bien que le processus de libéralisation soit bien engagé, les investisseurs américains ont fait valoir que les longs délais d'exécution des projets nécessitent des protections qui offrent une sécurité dans les périodes de transition politique.

 

Source : FitchSolutions, January 2019, Vol 36, Issue 1, Latin America Monitor, Mexico – traduction libre de l’AWEx du 26 novembre 2018

Statistiques des échanges commerciaux avec la Wallonie (9 mois 2018)

Exportations de la Wallonie À destination du Mexique (9 mois 2018)

Le Mexique occupe le 33ième rangdans le classement mondial des clients de la Wallonie tandis que son poids dans les exportations wallonnes totales s’élève à 0,36 %. La part de la Wallonie dans les exportations belges vers ce pays est de 13,7 %. Il est à noter que parmi les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le Mexique est le 2ième client de la Wallonie derrière le Brésil (1er), et devançant la Colombie (3ième), le Chili (4ième), l’Argentine (5ième), l’Equateur (6ième), le Pérou (7ième), le Panama (9ième) et la République Dominicaine (10ième).  En 2017, les exportations wallonnes vers le Mexique se sont élevées à 149,13 millions EUR, ce qui représentait une baisse de 4,1 % par rapport à 2016. Durant les 9 premiers mois de 2018, celles-ci ont atteint 117,70 millions EUR, soit une hausse de 6,7 % par rapport à la période correspondante 2017. 

Secteurs des exportations de la Wallonie vers le Mexique

 

 

Variation des exportations de la Wallonie vers le Mexique (2015-2018)

 

 

Importations de la Wallonie en provenance du Mexique

Le Mexique occupe le 24ième rang dans le classement mondial des fournisseurs de la Wallonie tandis que son poids dans les importations wallonnes totales s’élève à 0,4 %. Parmi les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le Mexique est le 1er fournisseur de la Wallonie devançant le Brésil (2ième), le Nicaragua (3ième), le Venezuela (4ième), le Honduras (5ième), l’Equateur (6ième), le Chili (7ième), l’Argentine (8ième), le Pérou (9ième) et le Costa Rica (10ième).  En 2017, les importations wallonnes en provenance de ce pays se sont élevées à 154,2 millions EUR, ce qui représente une baisse de 55,5 % par rapport à l’année 2016. Durant les 9 premiers mois 2018, celles-ci ont atteint 104,4 millions EUR, soit une nouvelle baisse de 10,7 % par rapport à la période correspondante 2017.

Secteurs des importations de la Wallonie depuis le Mexique 

 

Variation des importations de la Wallonie depuis le Mexique (2015-2018)

 

 

 

 

 

 

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