Situation économique

Le Maroc a renoué avec la croissance économique depuis le début des années 2000, mais celle-ci reste corrélée au secteur agricole et à la conjoncture mondiale.

L’agriculture représente globalement environ 40 % de l’emploi, les services 40 %, l’industrie 11.3 %. De manière globale, l’économie marocaine se caractérise par une faible diversification.

Malgré un taux d’investissement public très élevé (28% du PIB) et une politique économique dynamique, la croissance demeure trop faible (autour de 3% en moyenne sur la dernière décennie, 1,7% en 2016) que pour faire entrer le Maroc dans le groupe des pays « émergents » auquel il aspire tant.

L’économie marocaine souffre de problèmes structurels bien connus:

  • Le modèle économique actuel crée des déséquilibres financiers importants : déficit budgétaire, déficit du compte courant, fort déficit de la balance commerciale. 
  • La croissance économique est beaucoup trop dépendante de la demande intérieure. Elle est tirée par une accumulation de capital physique mais les gains de productivité sont trop faibles ; l’économie de rente dans le  secteur immobilier a été trop fortement privilégiée et présente désormais une certaine hypertrophie ; il y a également une trop faible contribution du travail à la croissance.
  • La part de l’industrie dans le PIB (actuellement de 16 %) devrait idéalement être portée à 23 %  pour pouvoir créer un réel effet d’entraînement.
  • La création d’entreprises et l’innovation demeurent relativement faibles. Le secteur public, qui souffre de la corruption et d’inefficacité généralisée, occupe une trop grande part de l’emploi et il n’y a que très peu d’entrepreneuriat.
  • La corruption dans le système judiciaire constitue un frein à la sécurité juridique et donc à l’investissement.
  •  Au plan social, la croissance est insuffisamment inclusive et les inégalités sont très fortes. Le poids des déterminismes sociaux reste important dans une société très complexe et stratifiée.
  • Au plan des ressources, l’économie reste très dépendante du secteur agricole qui est tributaire des conditions climatiques. Le reste des recettes proviennent du phosphate, des transferts des MRE (Marocains Résidents à l’Etranger ; 5,5 Mia EUR/an soit 7 % du PIB.) et du tourisme.
  • Le taux d’activité est faible, inférieur à 50 % (48 %). Durant les 5 dernières années, seuls 50.000 emplois nets ont été créés annuellement, alors que la frange démographique 15-65 ans a crû de 270.000 individus par an. Le constat global est celui d’un sous-emploi et d’un chômage de masse. Singulièrement, le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans atteint plus de 20 % et près de 40 % dans les villes.
  • L’enseignement et la formation, essentiellement publiques, présentent de fortes lacunes. La Banque Mondiale indique que sur les 600.000 marocains âgés de 20 ans, les deux tiers, soit 400.000 individus, n’ont pas obtenu le baccalauréat. Des 200.000 autres, il est estimé que 140.000 n’obtiendront pas de diplôme de l’enseignement supérieur.

Face à ce constat économique et à l’essoufflement de la croissance, les économistes en appellent à des changements structurels, voire à une refonte radicale du modèle économique marocain. La croissance requise pour véritablement opérer une rupture est en effet évaluée à 6 % sur 15 à 20 ans. Au niveau de l’emploi, le Maroc est dans l’obligation de créer 1,3 million de postes de travail dans les 10 prochaines années, sur base de l’évolution démographique, pour stabiliser le chômage qui est déjà fort haut.

Les dirigeants marocains sont bien conscients de ces lacunes et le pays s’attèle donc à la mise en œuvre d’une stratégie industrielle intéressante et jugée globalement saine et pertinente. En effet, le Maroc s’est engagé dans une politique de renforcement de sa capacité exportatrice (pour réduire son fort déficit commercial), notamment dans ses « Métiers mondiaux », à savoir le secteur automobile, aéronautique et spatial, offshoring, électronique, agroalimentaire, textile et cuir. Si cette politique semble donner des résultats concrets évidents, ceux-ci sont malheureusement trop lents par rapports aux énormes investissements consentis.

Compte tenu de la situation régionale au Maghreb et en Afrique subsaharienne, le Maroc offre toutefois, à moyen terme, un potentiel économique intéressant qu’il convient de ne pas sous-estimer. Parmi les avantages dont bénéficie le Royaume chérifien, on peut citer les éléments suivants:

  • Pays stable engagé dans un processus de démocratisation sur base de la Constitution de 2011.
  • Un Souverain qui occupe une place centrale du pouvoir, qui a une vision stratégique quant au développement de son pays et qui n’est pas avare de constats et diagnostics très critiques quant à la réalité du pays
  • Une infrastructure (projets structurants) de très bonne qualité : autoroutes, ports, chemin de fer,
  • Une classe moyenne se consolide progressivement – il est vrai en grande partie grâce au crédit, facteur de stabilité politique et économique. Elle doit toutefois encore être agrandie et pérennisée.
  • Des avancées réelles ont été enregistrées au plan social : mortalité, pauvreté, santé, scolarisation,…
  • Le phénomène d’urbanisation est porteur de défis mais aussi de réelles opportunités économiques
  • L’ouverture libérale de l’économie marocaine correspondant à un choix ancien et jamais remis en question.
  • Le Maroc est lié par des FTA à plus de 50 partenaires commerciaux et attire facilement les investissements.
  • Le Maroc se positionne dans l’économie agro-alimentaire, appelée à gagner en importance stratégique dans le futur. Ceci grâce notamment aux phosphates et à la biodiversité du territoire marocain. 
  • Le Maroc met en œuvre une politique ambitieuse en matière d’énergies renouvelables
  • Le Maroc joue un rôle certain par rapport au développement économique du continent africain (hub pour les investissements). C’est un axe prioritaire de la politique étrangère du Maroc appelé à encore se consolider.
  • Il existe un tissu industriel intéressant et en pleine consolidation. La politique industrielle porte ses fruits. L’automobile, l’aéronautique et d’autres secteurs sont en croissance soutenue.
  • Le Maroc dispose d’un main d’œuvre formée et « formable », à bas coûts.    
  • Le système financier marocain est stable, il n’a pas réellement été affecté par la crise financière et bancaire. 
  • Le Maroc a un accès assez aisé aux financements (banques, institutions financières internationales,…), grâce à ses fondamentaux propres et également par défaut de partenaires stables et crédibles dans la région Mena. Le Maroc bénéficie d’une autonomie réelle dans la définition de sa politique économique et monétaire. Sa politique en ces domaines est reconnue comme globalement pertinente, réaliste et saine. Le pays bénéficie, auprès du FMI d’une ligne de précaution et de liquidité (LPL) d’un montant de l’ordre de 4 milliards de dollars destinée à, le cas échéant, être activée en cas de choc externe. 

Perspectives et risques

Selon le FMI, sous réserve de la mise en œuvre résolue de réformes, et en supposant que la demande extérieure continue à se redresser, la croissance du PIB réel, après avoir atteint jusqu'à 4,60% en 2015, devrait se stabiliser à moyen terme entre 3,3 et 3,6 %. L’inflation devrait rester faible, aux environs de 2 %.

La position extérieure devrait continuer à s’améliorer.

Les perspectives à moyen terme sont favorables et les risques ont diminué, même s’ils restent importants, en particulier à cause des liens étroits entre le Maroc et la zone euro qui rendent le Maroc vulnérable à une période prolongée de faible croissance dans cette région. Le Maroc a réussi dans une large mesure à préserver la stabilité macroéconomique dans un environnement difficile. Néanmoins, il convient de redoubler d’efforts pour réduire les vulnérabilités extérieures et budgétaires, accélérer la croissance et la rendre plus inclusive, et continuer de faire reculer la pauvreté. La période à venir offre une occasion de pérenniser la stabilisation macroéconomique.

Indicateurs économiques

Les réformes d’ordre structurelles mises en place ces dernières années ont permis d’obtenir un rythme de croissance rapide. Cette croissance reste possible grâce au dynamisme de la demande intérieure.

Quant aux indicateurs économiques sectoriels, la valeur ajoutée du secteur agricole a connu une hausse due notamment au rendement de la production des cultures à cycles végétatifs longs (plus de 100 jours). Pour les autres secteurs, excepté la pêche qui a subi une perte, ceux-ci ont généralement marqué une bonne croissance.

Les 10 bonnes raisons de s'intéresser au Maroc

  1. Sans conteste, le pays a réussi à faire preuve d’une réelle résilience et d’une certaine capacité à s’adapter et à se moderniser. Il a donc beaucoup mieux résisté que ses voisins au «Printemps arabe» et semble bénéficier aujourd’hui d’une situation économique nettement plus avantageuse que la plupart des autres pays de la Région.
  2. D’une manière plus globale et générale, le pays présente de bons fondamentaux économiques et fait partie des pays offrant un bon potentiel de croissance pour nos entreprises. Il existe donc une réelle adéquation entre l’offre wallonne et la demande marocaine.
  3. Le Maroc se situe actuellement en 68ème position dans le classement «Doing Business 2017» de la Banque mondiale. A ce titre, le Maroc bénéficie du meilleur classement parmi les pays du Maghreb (la Tunisie est 77ème et l’Algérie 156ème dans le même classement). A l’échelle du continent africain, seuls l’Ile Maurice et le Rwanda, deux marchés de taille relativement réduite, bénéficient d’un meilleur classement que le Maroc.
  4. En plus d’être une économie ouverte et la deuxième croissance la plus forte de la région (2,3 % en 2016 et 4,1 % en 2017, selon les prévisions récentes du FMI), le Maroc se profile de plus en plus comme une porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne. En effet, l’Afrique subsaharienne est devenue au fil des années une véritable priorité diplomatique et politique pour le Maroc.
  5. Tous ces éléments semblent démontrer que le Maroc est en train de réussir sa mutation économique. Grâce à ses choix stratégiques et à sa «nouvelle» diplomatie économique, il devrait pouvoir occuper une place de plus en plus importante dans les échanges commerciaux.
  6. Par ailleurs, la mise en place d’écosystèmes sectoriels (Automobile, Aéronautique, Secteur ferroviaire, agro-industrie…) favorise l’attractivité économique du Maroc pour les entreprises européennes);
  7. Actuellement, 530.000 personnes d’origine marocaine vivent en Belgique (source = recensement réalisé par l’UCL en 2014). Plus de 250.000 d’entre elles vivent à Bruxelles et 80.000 en Wallonie. Cette très importante diaspora marocaine représente un réel levier qui explique les excellentes relations bilatérales (notamment économiques) entre la Wallonie et le Maroc et est également susceptible de les renforcer;
  8. Le Maroc est l’un des partenaires prioritaires de WBI. A ce titre, le pays bénéficie d’un programme de coopération relativement diversifié. Concrètement, des projets de coopérations de nature universitaire, culturelle et politique démontrent toute la richesse des liens qui unissent la Wallonie, Bruxelles et le Maroc;
  9. Si nos pôles de compétitivité sont encore relativement peu présents et/ou intéressés par le Maroc, on notera toutefois que le cluster TWEED est particulièrement actif dans ce pays. Par ailleurs, le Maroc fait partie des pays-cibles identifiés par le secteur du numérique comme potentiellement intéressants pour l’organisation d’une mission économique portant sur les secteurs «E-Health» et «Bio-Tech»;
  10. En ce qui concerne ses réseaux à l’étranger, Wallonie-Bruxelles bénéficie depuis de très nombreuses années des services d’un AEC à Casablanca et d’une Délégation Wallonie-Bruxelles à Rabat;

Tous ces arguments ont décidé l’AWEX à choisir le Maroc en qualité de marché-cible 2018, c’est-à-dire un marché sur lequel l’action de l’AWEX sera renforcée en 2018.

 

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