L'économie en bref

La croissance de l’économie italienne se maintient au premier trimestre de l’année 2018. Elle enregistre un rythme de 0,3% sur le trimestre, en léger ralentissement par rapport au dernier trimestre 2017 (0,4%). Sur un an, elle atteint 1,4% et laisse un acquis de croissance de 0,8% pour l’année en cours. L’environnement international pouvait laisser craindre une plus mauvaise performance. En effet, le coup de frein des autres grandes économies de la zone a été plus marqué. Le ralentissement du cycle manufacturier mondial et l’euro fort ont bien eu un impact négatif plus important sur les exportations (-2,1%, sur le trimestre) que sur les importations (-0,9%, sur le trimestre) entraînant ainsi une contribution négative de la demande extérieure à la croissance. La consommation privée a progressé de 0,3% (portée par les biens semi-durables) et contribue toujours positivement à la croissance. La variation des stocks a eu une contribution exceptionnellement forte (0,7% au premier trimestre).

En revanche, l’investissement s’est replié de 1,4% au premier trimestre 2018, après trois trimestres de croissance très soutenue. Il devrait s’agir d’une simple pause, car le cycle d’investissement semble solide. Cette conviction se fonde sur la bonne santé des entreprises. Si la valeur ajoutée au premier trimestre 2018 est stable, la progression de l’excédent brut d’exploitation accélère (à 0,5% sur le trimestre), avec pour résultat une légère amélioration du taux de marge à 41,6%. En dépit de sa légère dégradation, le taux d’investissement (21,3%, contre 22% au quatrième trimestre 2017) reste haut, retrouvant son niveau de 2011. Le nombre de défaillances a retrouvé sa moyenne des années pré-crise, le taux d’endettement poursuit sa baisse entamée fin 2013 et le taux d’autofinancement se maintient à un niveau élevé, malgré le redressement passé de l’investissement. Les dernières enquêtes menées par la Banque d’Italie sur les stratégies d’investissement signalent qu’un nombre de plus en plus important d’entreprises ont investi plus que prévu en 2017 et qu’un nombre croissant d’entre elles investira dans l’élargissement de sa capacité productive au cours des trois prochaines années.

Après cinq mois de repli, le climat des affaires s’est stabilisé au mois de juin 2018, mais continue de signaler un affaiblissement de la demande adressée au secteur manufacturier, notamment en provenance de l’étranger. En amélioration en revanche, la confiance dans les services, dans le commerce au détail et auprès des consommateurs, cette dernière retrouvant le niveau élevé de fin 2017.

La dynamique positive du marché du travail continue de soutenir la confiance. Après une forte réduction en 2017, grâce à une hausse des créations d’emplois de 0,5% et à la stabilité de la population active, le taux de chômage s’est stabilisé au premier trimestre 2018. Sa décrue a ensuite repris pour atteindre 10,7% au mois de juin, un niveau inconnu depuis 2012. Depuis le début de l’année, le nombre d’emplois a augmenté de 0,7% à 23,2 millions, tandis que la population active progressait de 0,6%, ce qui explique la stabilisation du taux de chômage au premier trimestre. Le nombre d’heures travaillées est en hausse mais n’a pas retrouvé le niveau d’avant la crise et le chômage partiel a été presque entièrement résorbé. Malgré le rebond des créations d’emplois, le repli du salaire par tête (notamment dans l’industrie) a induit un ralentissement du revenu disponible. Le pouvoir d’achat a été amputé par la remontée de l’inflation, et seule la baisse du taux d’épargne a permis de maintenir la hausse des dépenses des ménages. L’à-coup sur les salaires n’est que temporaire et devrait permettre un redressement du revenu disponible au cours des prochains trimestres. En revanche, même si elle sera temporaire, la remontée de l’inflation se poursuivra jusqu’à la fin de l’année et le maintien du rythme de consommation actuel devra compter sur une érosion supplémentaire du taux d’épargne. La baisse du taux d’épargne n’a que peu affecté la croissance de l’investissement des ménages (2,4% sur un an, après un quatrième trimestre 2017 très dynamique à 3,3%).

Retour en haut back to top