Malgré la crise économique et sociale qui a frappé le pays, une variété de secteurs offre encore de réelles opportunités d’exportation en raison des investissements réalisés, soit par l’Etat, soit par des investisseurs privées (domestiques et étrangers). Ces secteurs concernent principalement le tourisme, mais également l’énergie et le maritime.

Les aéroports régionaux

Un accord de concession pour les 14 aéroports régionaux grecs a été signé en 2015 entre l’Etat Grec et la société allemande Fraport-Slentel.  Le consortium germano-hellénique gère depuis 2017 les aéroports et projette encore de nombreux investissements dans le but d’accroitre le nombre de passagers et de compagnies aériennes (le budget d’investissement promis est de l’ordre de 415 millions d’euros sur la période 2017-2021). A noter notamment le projet de construire des terminaux supplémentaires sur les aéroports de Thessalonique, Kos, Corfu, Cephalonia et Mythilini.  Ce projet représente des opportunités pour les sociétés actives dans le secteur de la sécurité mais également dans la construction, les smart buildings et l’électronique.

Le Tourisme

Selon les estimations récentes de l’Association Grecque des Sociétés actives dans le secteur du Tourisme (SETE) les arrivées de touristes étrangers ont atteint en 2018 le nombre record de 32 millions.  Le secteur représente directement 18.3 Milliards d’euros et 30.2 Milliards indirectement. Le pays s’est fixé comme objectif d’augmenter le nombre de touristes accueillis à 35 millions dès 2020, notamment en allongeant la saison touristique (importance du marché du bien-être).

Ce secteur impacte donc directement plusieurs pans de l’économie grecque, dont les transports, la construction, l’agro-alimentaire et l’énergie. 

Il est conseillé aux sociétés des secteurs concernés, de faire coïncider leur éventuel déplacement en Grèce avec la foire HORECA : www.horecaexpo.gr. Cette foire annuelle est particulièrement performante, tant au niveau de l’organisation, du professionnalisme que de l’attraction.  L’édition 2017 a rassemblé 550 exposants et environ 125.000 visiteurs sur un espace de 55.000 m².  Elle couvre plusieurs secteurs dans 4 halls distincts.  Outre le secteur agro-alimentaire, elle couvre plusieurs secteurs comme l’équipement catering, stockage, construction et décoration, ameublement, textile, luminaire, IT, web marketing etc.

La marine marchande et le réseau portuaire

Avec le tourisme, il s’agit du deuxième pilier de l’économique grecque.  Ce secteur a contribué pour 9,2% du PIB en 2016 et représente 349.000 postes d’emploi (9,7% de l’emploi total).

La Grèce représente 16 % de la flotte mondiale, ce qui la place au premier rang au niveau mondial devant ses concurrents qui sont le Japon (12,78 %), la Chine (8,87 %), l’Allemagne (6,65 %) et Singapour (5,32 %).  Afin d’assurer l’augmentation de la compétitivité du shipping grec, les armateurs se tournent définitivement vers l’utilisation de nouvelles technologies et pour répondre aux nouvelles directives européennes sur la diminution de la teneur en soufre dans les carburants, vers l’utilisation du gaz naturel liquéfié (GNL).

Le programme Poseidon Med II représente un budget de plus de 53 millions d’Euros dont 50 % sont financés par l’Union Européenne et le reste par 26 associés du projet qui sont des sociétés grecques, italiennes et chypriotes (durée 5 ans).  Le but est la mise en œuvre d’une chaîne complète de ports (Pirée, Patras, Heraklion, Igoumenitsa et Limassol) qui constitueront un réseau pour le transport et l’alimentation des navires, et l’approvisionnement de la région en GNL ainsi que la création d’un marché organisé et viable.

À noter également le développement croissant de l’importance des ports grecs pour la région et le réseau de transport maritime international. Le port du Pirée principalement (Athènes) ainsi que le port de Thessalonique sont en passe de devenir des ports majeurs de la méditerranée en servant de port de transit (transbordage) ou de point d’entrée vers les marchés d’Europe Centrale et Orientale.

Le port du Pirée (à proximité d’Athènes) est le plus grand port du pays et un des ports majeurs du bassin méditerranéen. Ce hub logistique sert à la fois de point de départ pour de nombreuses lignes de ferries vers les îles, de point de passage pour les croisières et les navires marchands, servant ainsi tous types de navires (Ro-Ro, porte-conteneurs, tankers, méthaniers, paquebots, vraquiers…). Depuis l’arrivée du chinois COSCO en Grèce dans le cadre d’un accord de cession d’une partie du port pour 35 ans, la Grèce a vu son port principal croitre en importance, portant même la croissance du système portuaire grecque, qui est passé de 1.4 à 3.7 millions d’EVP en 10 ans, se rapprochant ainsi du premier port de la Méditerranée, Algésiras, avec 4.76 Millions d’EVP.

Hellinikon

Situé à 7 km au sud d’Athènes, l'Aéroport international d'Hellinikon était l'aéroport international qui desservait la ville d'Athènes, avant d'être remplacé en 2001 par l'aéroport d'Elefthérios-Venizélos. Situé sur la côté du Golfe Saronique, le terrain est un espace rêvé pour la création d’une nouvelle ville moderne puisqu’il représente une étendue comparable à 2 fois Central Park avec 1 km de front de mer. Ce projet  comprend entre autre, un parc métropolitain, deux hôtels, un centre commercial, le musée de l’aviation, des espaces verts, un parc de récréation aquatique, une marina, un centre de congrès, une plage, des résidences, un casino etc. Tout cela dans le respect de l’environnement, du développement durable et dans un concept de smart city.

L’appel international d’offres de valorisation des terrains de l’ancien aéroport et du littoral d’Agios Cosmas lancé par le Fonds hellénique de développement des actifs (HRASF) a été remporté par un consortium Grec (Lamda Development), Abu Dhabi (EAGLE HILLS) et Chinois (FOSUN).

Le projet qui devait commencer début 2016, a pris beaucoup de retard suite à des controverses d’ordre notamment archéologique et préservation du patrimoine architectural des anciens bâtiments. Des difficultés liées à la politisation du dossier et à la bureaucratie locale sont également à noter. Toutefois, comme cet investissement est un impératif du mémorandum qui lie la Grèce, il se réalisera tôt au tard. Parmi ses multiples promesses électorales, le nouveau premier ministre a promis de débloquer le dossier Hellinikon, ainsi que d’autres projets de libéralisation.

Quelques chiffres :

Terrain : 6.200.000 m²

Création d’emplois : 10.000 pendant la phase de construction, 70.000 à terme pour l’opérationnel

Investissement : 8 milliards d’Euros au total

Notre attaché en Grèce suit de très près ce projet colossal, qui représente une opportunité pour les sociétés wallonnes, et des contacts ont déjà été établis notamment pour la société Pegase Environnement (désamiantage), en vue d’une collaboration entre des sociétés wallonnes et des sociétés grecques impliquées dans le projet.

https://thehellinikon.com/en/

Energie (GNL)

Plusieurs projets en cours et prévus illustrent le rôle croissant de la Grèce comme carrefour de l’approvisionnement énergétique européen. Notons en particulier le Trans Adriatic Pipeline (TAP) qui joindra le champ gazier Shah Deniz II en Azerbaïdjan aux marchés européens (Southern Gas Corridor). Des terminaux gaziers sont également construits ou en projet pour permettre l’acheminement maritime du GNL (Revithoussa, Alexandropouli). Autres projets : IGB – EASTMED – POSEIDON Med II).

La Grèce et la Turquie, étant au cœur du nouveau réseau d’acheminement  de gaz naturel, sont naturellement devenues des concurrentes pour le titre de hub gazier de la région.

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