La situation économique et financière du Danemark

Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance danoise devrait s’établir à 1,3% en 2017 et à 1,7% en 2018. La stagnation de la productivité, les reports d’investissements des entreprises et la maîtrise de la consommation publique pèsent néanmoins sur le rythme de la reprise constatée. Le gouvernement a axé son programme de réformes « Croissance et Prospérité 2025 » sur l’accroissement de l’offre de travail, qui peine à répondre aux besoins actuels de certains secteurs, et sur la productivité qui stagne depuis plusieurs années.

1. Une reprise économique modeste en voie d’accélération

La reprise économique devrait s’accélérer durant les années à venir au Danemark. Les dernières prévisions de la Commission européenne indiquent que le PIB devrait croître de 1,3% en 2017 et de 1,7% en 2018.

La hausse de la consommation privée (+2% en 2016, +1,9% en 2017 et +2% en 2018) est le principal moteur de la croissance, grâce à l’augmentation des salaires réels et à la baisse continue du chômage qui ne devrait toucher plus que 5,% de la population active fin 2017 et 5,7% fin 2018.

La croissance du PIB danois est également portée par la hausse des exportations de biens et de services qui devraient augmenter de 3,3% en 2017 et de 3,9% en 2018. L’excédent courant devrait ainsi s’établir à 7,8% du PIB en 2017 avant de décroître de 0,1 point en 2018.

A cet égard, le commerce extérieur du Danemark n’est pas encore affecté par le Brexit. Le pays bénéficie du niveau élevé de la demande de ses principaux pays clients (Allemagne, Etats-Unis, Suède, Norvège) ainsi que de parts de marchés solides dans de nombreux secteurs tels que les biens d’équipements et les produits chimiques.

Le rythme de croissance du PIB reste toutefois inférieur à son niveau antérieur à la crise en raison de la faible demande des administrations publiques (-0,1% en 2016, + 0,4% en 2017, +0,6% en 2018) et de la dynamique négative des investissements des entreprises (+1,1% en 2016, -1,5% en 2017 et -1,9% en 2018) qui résulte essentiellement des difficultés auxquelles font face les secteurs à haute intensité capitalistique, tels que le transport maritime et l’exploitation d’hydrocarbures.

2. Un marché du travail en proie à des déséquilibres

En mars 2017, le Danemark comptait 87 000 personnes au chômage, soit 6,1% de la population active et le taux de chômage des jeunes est passé sous la barre des 10% pour la première fois depuis 2008. Malgré une croissance du PIB inférieure à 2%, le chômage devrait bientôt atteindre son niveau structurel, avec un employment gap entièrement résorbé en 2018.

Des pénuries de main-d’œuvre sont déjà rapportées dans les secteurs du BTP et des TIC, ce qui pourrait conduire à une croissance abrupte des salaires et une baisse de la compétitivité des entreprises. Néanmoins, les accords de branche conclus en avril par les partenaires sociaux tempèrent ce risque à court-terme. Afin d’éviter que ce déséquilibre persiste à moyen-terme, le gouvernement souhaite poursuivre sa politique d’incitation au retour à l’emploi, avec l’objectif d’augmenter l’offre de travail de 60 000 personnes d’ici 2025.

3. Un déficit des administrations publiques inférieur à 3%

Selon les prévisions de la Commission européenne, le déficit des administrations publiques devrait être de 1,3% en 2017 et de 0,9% en 2018, tandis que le solde budgétaire structurel s’établirait à -0,4% en 2017 et à -0,1% en 2018.

Les comptes publics danois devraient donc être conformes au Pacte de stabilité et de croissance en 2017. L’examen du programme de stabilité et de convergence 2017 montre que, à politique constante, cet équilibre devrait perdurer à moyen-terme, malgré la volatilité de certaines recettes majeures (taxe sur le rendement des fonds de pension, revenus pétroliers et gaziers issus de l’exploitation en Mer du Nord).

4. Programme de réformes du gouvernement Rasmussen III

Le Premier ministre, Lars Løkke Rasmussen, dirige un gouvernement, minoritaire au Parlement, qui rassemble les libéraux, les ultralibéraux et les nationalistes. Le programme de ce gouvernement - dit Rasmussen III - a pour objectif d’accroitre le PIB du Danemark de 10,7 mds€ d’ici 2025 (+3,9% du PIB).

Présentées le 30 mai 2017, les réformes du nouveau programme « Croissance et Prospérité 2025 » visent quant à elles à accroitre l’offre sur le marché du travail de 60 000 personnes d’ici 2025. Elles sont les suivantes :

•Inciter les jeunes à terminer plus rapidement leurs études afin d’accéder plus tôt au marché du travail.

•Réduire les aides sociales dont bénéficient aujourd’hui 800 000 danois retirés du marché du travail afin de les inciter à rechercher un emploi.

•Réduire la fiscalité du travail, de sorte à inciter les individus à accroitre leur temps de travail. La durée moyenne de travail au Danemark est inférieure à la moyenne au sein de l’OCDE.

•Inciter les danois à prendre leur retraite plus tardivement.

•Favoriser l’entrée de travailleurs qualifiés étrangers.

Le gouvernement étant minoritaire au Parlement, le vote des réformes devrait passer par d’âpres négociations avec les autres partis politiques. L’abandon récent du projet d’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite de 67 à 67,5 ans témoigne des difficultés du gouvernement à conduire sa politique.

Sources :

- Site politique danois : denmark.dk

- Economist Intelligence Unit

- DG Trésor du Ministère français de l’économie et des finances

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